Idole des djeuns

Première partie : IDOLE DES JEUNES

On désigne sous le nom d’idole des jeunes une personne idolâtrée par les jeunes adolescents. Bien souvent, l’idole des jeunes est un acteur ou un chanteur de pop mais un certain nombre d’autres figures emblématiques de l’industrie du divertissement ont aussi leurs admirateurs parmi les jeunes adolescents. La notoriété d’une idole peut être limitée aux adolescents ou s’étendre à un groupe de population de tous âges.

Les idoles des jeunes paraissent habituellement dans des revues destinées aux jeunes adolescents  mais, avec l’apparition de la télévision, ces idoles sont maintenant promues par le biais de différents programmes télévisés.

La raison d’être de ces « idoles » est essentiellement de s’adresser à la sexualité débutante de la jeunesse sans jamais être une menace pour elle. Au cours des années 70, il a été demandé à quelques idoles masculines les plus en vue de se raser la poitrine sous le prétexte que la vue de leur pilosité pouvait effrayer les jeunes filles. À une époque plus ancienne, les idoles des jeunes, supposées d’abord faciles, devaient tenir leur(s) idylle(s) et mariage(s) secrets sous peine de voir leur popularité baisser. Le concept d’idole des jeunes a évolué avec le temps. De nos jours, ces idoles peuvent être des vedettes du cinéma ou de la télévision, des chanteurs de pop, des top modèles, etc. Leur vie privée n’est plus un sujet tabou. Elle a, au contraire, donné naissance aux publications à scandales ainsi qu’à des émissions télévisées basées sur leur présence.
———-Le culte des idoles et des vedettes ‘Cgraal.ca

Régulièrement des politiciens, des chanteurs ou des acteurs sortent de l’anonymat et sont élevés au rang de vedettes ou d’idoles. L’admiration qui leur est portée est telle, qu’ils acquièrent un ascendant énorme sur la foule. Comment cet ascendant s’obtient-il ? Quels sont les phénomènes, en partie invisibles, qui entrent en jeu ?

La puissance de la foule

Au cours d’une manifestation politique, un orateur monte sur un podium, empoigne un microphone et s’adresse à la foule. Celle-ci, d’abord dans l’expectative, se met à opiner de la tête, applaudit, puis s’enflamme et finalement se lève pour crier avec enthousiasme son approbation. Le courant passe parfois si bien entre le public et l’orateur, que celui-ci, ayant mis tout le monde «dans sa poche», devient capable de diriger la foule à sa guise… De la multitude des caractères et des opinions des auditeurs, il ne reste rien. Comme par enchantement, la foule s’est levée comme un seul homme !

Comment une telle chose est-elle possible ?

La forme d’une pensée émise superficiellement disparaît donc rapidement faute d’être alimentée. A l’inverse, une pensée qui revient souvent et qui est nourrie d’émotion et de sentiments deviendra une forme-pensée puissante. Celle-ci influencera inconsciemment l’entourage, mais aussi la personne qui l’a émise puisque cette dernière reste liée à sa production.

Les formes-pensées ne restent cependant pas isolées. À cause de la loi de l’attraction des affinités, elles se regroupent par affinité de genre en une centrale de pensées. La puissance d’une centrale de pensées est souvent énorme, puisqu’elle regroupe l’ensemble des formes-pensées individuelles similaires.

C’est donc la puissance du nombre qui, judicieusement exploitée, permet à l’individu d’augmenter son propre ascendant sur la foule. Les mêmes mécanismes sont mis en œuvre pour «créer» des vedettes.

Comment devient-on une vedette ?

Dans le cas des vedettes de la chanson, du cinéma, du sport ou de la mode, la focalisation des pensées n’est pas dirigée sur un idéal politique, mais sur une personne. Cette focalisation est la conséquence naturelle du succès d’une vedette ou au contraire émane d’une démarche consciente dont le but est la promotion artificielle d’une vedette. En simplifiant, on distingue ainsi deux sortes de vedettes.

Les premières sont des vedettes qui par le talent qu’elles déploient dans leurs activités professionnelles se sont peu à peu acquis une grande notoriété. Elles sont en conséquence devenues célèbres parce qu’elles ont montré tout au long de leur carrière les qualités pour lesquelles elles sont respectées et admirées. La centrale de pensées autour de leur célébrité s’est ainsi progressivement formée par l’addition de leurs succès et par les vagues d’enthousiasme qu’elles ont régulièrement réveillées dans le public au fur et à mesure du déroulement de leur carrière.

Il en va différemment avec le deuxième genre de vedettes. Dans ce cas, la centrale de pensées n’accompagne ou ne suit pas le développement de la carrière, mais en quelque sorte la précède. L’artiste devient une vedette moins à cause de sa valeur intrinsèque que de l’image qui est intentionnellement donnée de lui. Il s’agit de vedettes projetées artificiellement sur scène à des fins commerciales ou, pour le moins, dont l’image de star est consciemment entretenue par des campagnes de marketing très intenses.

Ces méthodes sont relativement courantes de nos jours. Elles sont d’ailleurs beaucoup plus faciles à réaliser aujourd’hui que dans le passé. En effet, les moyens permettant de toucher le public et de lui rappeler l’existence et l’image de la vedette sont nombreux ; émissions de télévision, journaux, magazines, affiches publicitaires, films, vidéos, etc. offrent des occasions répétées d’entretenir ou de ranimer l’engouement du public.

Bien sûr, l’image qui est donnée doit toucher le public, sinon celui-ci ne s’y intéresserait pas et la centrale de pensées ne serait pas entretenue par un apport de force. Souvent, l’image répond à un besoin, correspond à un idéal ou à un rêve, comble une aspiration.

Elle ne sera pas nécessairement séduisante. Elle l’est le plus souvent — les vedettes sont des personnes généralement attrayantes et à qui tout réussit —, mais pas obligatoirement. Certaines vedettes ou idoles des jeunes incarnent le révolté et le déviant, et deviennent les vedettes de toutes les personnes révoltées comme elles, ou qui aspirent à l’être.

Quel que soit le cheminement suivi, les vedettes qui réussissent à s’entourer de cette «aura» que leur confère une puissante centrale de pensées sont élevées au-dessus de leurs semblables. Les mots que l’on utilise pour les désigner traduisent bien la réalité des faits : la star brille au-dessus d’une certaine masse de fans comme une étoile et l’idole est vénérée comme l’étaient dans le temps les idoles religieuses.

Les deux faces de la médaille

Si tant est qu’une centrale de pensées puisse aider une personne à devenir une grande vedette et lui apporter le succès, elle est aussi à même de lui procurer bien des problèmes. En effet, l’image que véhicule une centrale de pensées régulièrement entretenue par des milliers ou des millions d’admirateurs est très forte. Elle exerce une pression importante sur la vedette et l’influence de manière constructive ou non, selon le cas.

Si l’image d’une centrale de pensées s’est formée au fur et à mesure de la carrière d’une vedette, l’image correspondra en grande partie aux caractéristiques profondes de cette dernière. Le plus souvent, celle-ci ressentira cette pression et cet apport de force de manière bénéfique, car ils la soutiendront dans ses efforts et renforceront ses potentialités. À l’inverse, si l’image a été artificiellement créée, elle sera en partie ressentie comme étrangère par la vedette qui ne pourra s’identifier complètement avec elle. Celle-ci se sentira alors limitée par cette image, comme bloquée dans une sorte de moule qui l’oppressera et dont elle aura toutes les peines à se libérer. En effet, l’apport constant de nouvelles forces générées par les admirateurs la maintient sous la pression de la forme et la pousse à agir en fonction de cette image.

Cependant, l’influence négative que déploie une centrale de pensées ne s’exerce pas seulement sur la vedette, elle peut aussi toucher ses admirateurs. Ceux-ci sont en effet branchés sur la centrale de leur idole. Mais «être branché», comme le dit très justement l’expression populaire, c’est être relié à la centrale. Celle-ci peut ainsi non seulement être alimentée par les admirateurs, mais également déverser sur eux ce qu’elle a à leur offrir.

C’est ainsi que les admirateurs les plus sensibles subissent une forte influence de la part de cette centrale et perdent une partie de leur indépendance et de leur liberté de décision. Chez certains l’influence est si grande qu’ils finissent par entrer dans le moule de la vedette.

Pourquoi le besoin d’idoles ?

Le but de l’existence est pour chaque être humain de développer les facultés. Cette progression de l’inconscience vers le plus de conscience implique inévitablement que, pour progresser, celui qui est moins conscient a besoin de l’exemple de celui qui est plus conscient. Ce dernier sert de modèle et aide à réveiller les facultés encore endormies.

L’imitation n’est cependant légitime qu’au début de l’évolution des esprits humains, jusqu’à ce que ceux-ci deviennent conscients d’eux-mêmes. À partir de ce moment-là, pouvant exercer pleinement leur libre arbitre, non seulement ils peuvent, mais aussi ils doivent décider par eux-mêmes des formes qu’ils veulent donner à leur évolution.

L’enfant — qui n’a pas encore la capacité d’exercer son libre arbitre — est pourvu du don d’imitation pour évoluer. C’est en prenant comme modèles ses parents ou son entourage qu’il apprend et progresse. À la fin de l’adolescence par contre, l’imitation devrait nécessairement cesser. Pourvu du libre arbitre qui apparaît à l’âge de la maturité, le jeune adulte peut et doit décider ce qu’il veut faire de lui-même et faire les efforts nécessaires pour le réaliser. Certes il s’inspirera des exemples qui l’entourent, mais ne pourra pas se contenter de les imiter.

Or, en faisant d’un artiste une idole, les admirateurs les plus fervents : les fans (du mot fanatique) se dispe

nsent aussi bien de décider pour eux-mêmes que de faire les efforts nécessaires à leur évolution. Le plus souvent, ils vont en effet vivre par procuration. S’identifiant plus ou moins étroitement avec leur idole, ils projettent sur elle leurs aspirations et acquièrent l’impression d’évoluer à travers ses progrès à elle. Pour certains, les hauts et les bas de l’existence de leur idole finissent même par revêtir plus d’importance que ceux de leur propre vie.

Or, s’il est légitime d’apprécier une personnalité ou une autre pour ce qu’elle a à nous offrir dans le cadre de son activité, il es

t par contre erroné d’en faire un demi-dieu. Non seulement cela risque de bloquer les admirateurs dans leur évolution, mais cela a aussi tendance à uniformiser les individus plutôt qu’à les rendre différents.

Christopher Vasey

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