La journée de la femme… en politique

Les Françaises et la politique,

Lundi nous allons parler de la place des Françaises dans la politiques…

Que pensez-vous de cette affiche ? Aurait-on le même genre d’affiche aux États-Unis ?
A qui vous fait penser cette jeune femme ? Que symbolise-t-elle ?

La parité est respectée depuis 2012, mais à quel prix ? et pour quels résultats ?

Suite aux décrets des 18 et 21 juin 2012, du 19 mars 2013 et du 2 juillet 2013, le gouvernement compte :

  • 10 ministres femmes pour 10 ministres hommes ;
  • 8 ministres déléguées femmes pour 9 ministres délégués hommes.
    (la liste des ministres femmes sont à la fin de ce post

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Pour vous faire réfléchir un peu… voici quelques photos publiées par le site…

“sinon je fais de la politique”…

ainsi que des articles sur les femmes dans la politique tirés du Monde, du Nouvel Obs, du Journal La Croix… que nous allons commenter en classe.

"Votre discours était très technique pour une femme" <br /><br /><br /><br /><br /><br /> Entendu par Karima Delli, Députée Européenne.

“Votre discours était très technique pour une femme”

Entendu par Karima Delli, Députée Européenne.

"Bonjour, vous êtes l’assistante de…?"</p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Marie-Pierre Bresson, Adjointe au maire de Lille, Conseillère Communautaire.

“Bonjour, vous êtes l’assistante de…?”

Entendu par Marie-Pierre Bresson, Adjointe au maire de Lille, Conseillère Communautaire.

"Quoi, vous demandez aussi l’égalité dans les prises de parole?"

“Quoi, vous demandez aussi l’égalité dans les prises de parole?”

Entendu par Sandrine Rousseau, Vice-Présidente, Enseignement et Recherche au Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais.

"Cot Cot Cot Cot Cot Cot Cot Cot Cot”<br /><br /><br /><br /><br /><br /> Entendu par Véronique Massoneau, Députée de la Vienne.

“Cot Cot Cot Cot Cot Cot Cot Cot Cot”

Entendu par Véronique Massoneau, Députée de la Vienne.

"Si elle n’est pas capable de gérer deux mandats à la fois, elle n’a qu’à retourner à son repassage" </p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Marie Christine Blandin, Sénatrice du Nord, Présidente de la Commission Culture, Éducation et Communication du Sénat.

“Si elle n’est pas capable de gérer deux mandats à la fois, elle n’a qu’à retourner à son repassage”

Entendu par Marie Christine Blandin, Sénatrice du Nord, Présidente de la Commission Culture, Éducation et Communication du Sénat.

<br /><br /><br /><br /><br /><br /> "Barbie fait de la politique"<br /><br /><br /><br /><br /><br /> Entendu par Barbara Pompili, Députée.

“Barbie fait de la politique”

Entendu par Barbara Pompili, Députée.

"Trop sensible pour faire de la politique » </p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Élise Lowy, Conseillère Régionale de Basse-Normandie, Membre du Bureau Exécutif EELV.

“Trop sensible pour faire de la politique »

Entendu par Élise Lowy, Conseillère Régionale de Basse-Normandie, Membre du Bureau Exécutif EELV.

"Vous partez ? Vos enfants vous attendent…"</p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Karine Corne, Conseillère Municipale à Amiens.

“Vous partez ? Vos enfants vous attendent…”

Entendu par Karine Corne, Conseillère Municipale à Amiens.

"Eh dis donc cocotte t’es pas très photogénique"</p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Lu sur twitter par Marion Lepresle, Adjointe au Maire, déléguée à l’Éducation à Amiens.

“Eh dis donc cocotte t’es pas très photogénique”

Lu sur twitter par Marion Lepresle, Adjointe au Maire, déléguée à l’Éducation à Amiens.

"Elle est autoritaire, cassante…"</p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Emmanuelle Cosse, Secrétaire Nationale EELV, Vice-Présidente Région Ile-de-France.

“Elle est autoritaire, cassante…”

Entendu par Emmanuelle Cosse, Secrétaire Nationale EELV, Vice-Présidente Région Ile-de-France.

"Le nucléaire, c’est trop sérieux pour que les femmes s’en occupent"</p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par MIchèle Rivasi, Députée Européenne.

“Le nucléaire, c’est trop sérieux pour que les femmes s’en occupent”

Entendu par MIchèle Rivasi, Députée Européenne.

"Qu’est ce qu’elle veut la bonne femme…" </p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Michèle Cahu, Conseillère Régionale en Picardie, Déléguée à la Coopération Décentralisée.

“Qu’est ce qu’elle veut la bonne femme…”

Entendu par Michèle Cahu, Conseillère Régionale en Picardie, Déléguée à la Coopération Décentralisée.

"Soyez mignonne, pas trop de bavardage" </p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Fabienne Lisse, Porte-Parole EELV Basse-Normandie.

“Soyez mignonne, pas trop de bavardage”

Entendu par Fabienne Lisse, Porte-Parole EELV Basse-Normandie.

"Alors maintenant, tu vas rentrer chez toi, faire des coquillettes au gruyère à ton mari ?!"</p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Majdouline Sbaï, Vice-Présidente du Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais.

“Alors maintenant, tu vas rentrer chez toi, faire des coquillettes au gruyère à ton mari ?!”

Entendu par Majdouline Sbaï, Vice-Présidente du Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais.

"Elle bosse bien, elle est redoutable, et en plus elle est jolie …" </p><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Entendu par Sandrine Béllier, Députée Européenne.

“Elle bosse bien, elle est redoutable, et en plus elle est jolie …”

Entendu par Sandrine Béllier, Députée Européenne.

Sources : http://sinon-je-fais-de-la-politique.tumblr.com/

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Pour faire un tour rapide de la question, vous pouvez parcourir l‘article Wikipédia

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Lisons l’article du Nouvel Obs

Femmes en politique : minoritaires, stigmatisées, freinées, pourquoi elles n’y vont pas
Publié le 29-11-2013 à 12h47 –  Temps de lecture : 4 minutes

Avatar de Camille Froidevaux-MetteriePar 

Professeure de science politique

LE PLUS. La vie politique est-elle une “jungle” pour les femmes ? La chercheuse en science politique Camille Froidevaux-Metterie a rencontré 57 d’entre elles pour le documentaire “Dans la jungle” (à voir sur Mediapart). Manque de solidarité entre elles, refus de s’introduire dans ce monde brutal… Elle explique pourquoi elle s’est placée du point de vue des femmes pour expliquer le sexisme de ce milieu.

Najat Vallaud-Belkacem, Cécile Duflot et Geneviève Fioraso à l’Assemblée nationale le 16 octobre 2013 (WITT/SIPA)

Après l’affaire de la robe à fleur ministérielle puis celle du coq vieillissant qui rêvait de poules, l’indignation est devenue générale : que les femmes politiques soient encore aujourd’hui si ouvertement victimes de sexisme, c’est insupportable.

Pétitions et manifestes circulent alors pour demander qu’on en finisse avec ces pratiques d’un autre âge. Comment ne pas y souscrire, je l’ai fait moi-même…

La sous-féminisation de la vie politique

Une fois l’écœurement passé, il faut tout de même essayer de comprendre ce dont il s’agit. Le problème, il est bien connu, c’est celui de la sous-féminisation de la vie politique. Ou, plus exactement, c’est celui de la persistance de ce phénomène par-delà les dispositifs paritaires mis en place il y a plus de dix ans pour y remédier. Comment se fait-il qu’en dépit de mesures de plus en plus contraignantes et dans un climat très largement favorable à la présence des femmes en politique, la situation soit si décevante ?

Pour le savoir, j’ai mené l’enquête auprès des femmes politiques françaises. En 2011 et 2012, j’ai rencontré près d’une soixantaine d’élues, au Conseil de Paris, au Conseil régional d’Ile-de-France, à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Des élues de tous bords et de tous âges auxquelles j’ai posé quelques questions, sous couvert du plus strict anonymat : comment avaient-elles pris la décision de s’engager totalement en politique ? Cela leur avait-il imposé des sacrifices ? Quels avaient été les difficultés et les obstacles rencontrés ? Avaient-elles souffert de la misogynie ? Pensaient-elles qu’il y avait une façon “féminine” de faire le travail politique ? Quel rôle jouaient la séduction et l’apparence dans ce milieu ? Comment avaient-elles fait, enfin, pour concilier leurs vies privée et publique ?

Quatre catégories de femmes politiques

Des 57 entretiens recueillis, j’ai tiré de nombreux enseignements, dont certains assez surprenants. Je les ai présentés sous la forme d’un docu-fiction intitulé “Dans la jungle” (réalisé par Laurent Metterie et en attente de diffuseur). Je vais en livrer ici l’analyse dans ses grandes lignes.

Relativement au thème nodal de l’enquête d’abord, celui de l’articulation privé/public, il m’a paru qu’on pouvait ranger les femmes politiques en quatre catégories :

– l’Amazone qui se dédie entièrement à la politique au sacrifice de sa vie affective et familiale,

– la Manager qui gère son parcours comme une carrière en entreprise, sachant déléguer à d’autres les soucis domestiques,

– la Citoyenne qui est entrée tardivement en politique, une fois ses enfants grandis,

– et la Femme contemporaine qui tente de tenir ensemble toutes les dimensions de son existence. Et puis, par-delà ces différences (que je ne peux détailler ici), j’ai pu aussi repérer quelques constantes.

C’est d’abord l’évidence de l’omniprésence du sexisme dans notre paysage politique français : “à l’Assemblée, il y a une bande de machistes absolument épouvantables, des gens qui sont assis quelque part entre Attila et Gengis Khan. Ah non mais c’est une horreur absolue. Moi j’ai eu la formation accélérée dès le départ. J’ai eu la rumeur d’avoir été la maîtresse du président de l’Assemblée, je me suis faite traitée de “connasse” dans l’hémicycle…”

Et l’âge n’y change rien, les nouvelles générations ne valant guère mieux que les plus anciennes. C’est ensuite le constat de la difficulté qu’il y a à avancer dans cette jungle : “on m’avait promis-juré qu’on me voulait en place éligible. Et en fait, j’ai appris dans le train qu’on m’avait fait dégringoler à une place qui n’était absolument pas éligible…”

Beaucoup de souffrance donc, et pas seulement du fait des bâtons mis dans les roues des femmes.

Il leur faut aussi affronter des épreuves personnelles : la fragilisation de leur couple (“pas facile d’être le mari de Madame la députée”), les enfants qu’on ne voit plus (“je sais qu’il y a des choses que je referais pas aujourd’hui, des choses que j’ai imposé à mes enfants parce que je pouvais pas faire autrement et qu’il fallait que je fasse mon trou”), la difficulté à tenir la pression (“les deux premières années, j’y suis allée un peu à fond la caisse et puis, je me suis retrouvée à bout de forces physiquement, dépression nerveuse, stop quoi”).

Un manque de solidarité

La vie politique est un monde hostile, un monde violent même, un monde qu’on peut avoir envie de quitter. Cela m’amène à l’un des enseignements de l’enquête qui me paraît crucial dans la compréhension de l’échec de la parité.

Les femmes peuvent tout simplement ne pas vouloir s’engager en politique une fois qu’elle ont découvert la brutalité du milieu : “c’est vrai qu’il y a beaucoup de femmes qui refusent. J’en connais beaucoup de plus jeunes, qui ont trente-quarante ans, et qui veulent pas aller plus loin en politique”.

En ne parlant que du machisme, on oublie de se poser la question des raisons profondes pour lesquelles les femmes n’y vont pas.

Elles peuvent refuser d’entrer dans la basse-cour avec ses “combats de petits coqs”, elles peuvent aussi préférer une vie professionnelle gratifiante ou anticiper une vie familiale qu’elles souhaitent vivre pleinement : “on m’a demandé l’année dernière d’être candidate aux législatives, mais je devais accoucher en janvier donc c’était totalement inenvisageable, c’était impossible…”.

Enfin, et c’est vraiment à mon sens le cœur du problème, les femmes politiques manquent cruellement de solidarité entre elles.

Pas de réseaux, pas de clubs, pas de déjeuners de femmes, quasiment rien qui leur permette de faire le lien, d’échanger, de s’entraider (à l’exception récente du forum Femmes et pouvoir organisé ce vendredi 29 novembre).

Parfois, c’est même l’inverse qui se produit, les femmes déjà “arrivées” empêchant les plus jeunes d’accéder aux positions de pouvoir : “les moments où j’ai le plus… où je souffre le plus de la misogynie, c’est les femmes qui me le renvoient. C’est les femmes !”.

Le constat est amer 

Minoritaires, stigmatisées, freinées, les femmes ne peuvent finalement compter que sur elles-mêmes pour s’en sortir. Comment ne pas voir qu’il y a là un fort motif au retrait, au refus, à l’abandon ?

On peut aussi incriminer les mécanismes institutionnels qui concourent à leur rendre la vie difficile : le cumul et l’absence de toute limitation dans le temps des mandats, les pratiques intra-partisanes qui favorisent l’élévation d’une poignée d’élu(e)s farouchement arrimé(e)s à leurs positions, le mépris total pour la vie privée dont témoigne le fonctionnement de tout le système – “c’est le mercredi qui est quand même le jour des enfants, c’est le mercredi que l’activité de l’Assemblée est la plus dense, c’est là où il y a le conseil des ministres… Vous savez la vie politique est faite pour des gens qui n’ont pas d’enfants.”

Mais ce qui demeure des propos que j’ai recueillis, c’est l’immense solitude de celles qui ont décidé de braver les obstacles pour continuer envers et contre tout de faire de la politique. Il faut saluer leur courage et, peut-être, leur suggérer de briser l’isolement.

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Lisons l’article du Nouvel Obs

Sexisme en politique : tout n’est pas la faute des hommes, les femmes doivent s’affirmer
Publié le 29-11-2013

Avatar de Béatrice ToulonPar 
journaliste formatrice

LE PLUS. Ces 29 et 30 novembre a lieu le forum national des femmes politiques. Certaines d’entre elles ont signé un manifeste “pour sortir la politique du Moyen-Âge”. Une façon de dire que, malgré la loi sur la parité, elles se battent encore pour être considérées comme les hommes. Béatrice Toulon conseille certaines de ces femmes politiques, elle souligne qu’elles ne s’affirment pas assez.

N. Vallaud-Belkacem, M. Touraine, Jean-Marc Ayrault et D. Bertinotti le 3 juin 2013 à Matignon (MEIGNEUX/SIPA)Qu’il prenne la forme de remarques humiliantes ou de simples blagues, le sexisme dans le monde politique n’est pas toujours conscient mais il assure une fonction essentielle : intimider les femmes pour les empêcher d’exercer le pouvoir dans les enceintes que l’élection leur a permis d’atteindre. Les contraindre à se tenir le plus loin possible du devant de la scène.C’est un comportement de grand singe, que l’on retrouve presque à l’identique dans les milieux exécutifs des grandes entreprises ou de la haute administration.Et, généralement, ça marche. La caractéristique d’une culture dominante est d’être intériorisée par tous, y compris par ceux – en l’occurrence, par celles – qui la subissent.Un terrain exclusivement masculinL’espace public a depuis l’Antiquité été un terrain exclusivement masculin, interdit aux femmes. Et à la Révolution, période-clé où s’est créé l’espace public démocratique en France, la femme en a été exclue (interdite de droit de vote, de prendre la parole à la tribune, d’organiser des réunions publiques) après une bataille entre tenants de l‘ouverture (Babeuf) et tenants de la fermeture (Proudhon).

On ne se défait pas de siècles de culture en une dizaine d’années de lois sur la parité. Cette idée que l’espace public est un monde d’hommes où les femmes sont tolérées si elles ne gênent pas et savent se rendre utiles est intériorisé par tous y compris par les femmes, y compris par celles qui le réprouvent intellectuellement. Une sorte de “syndrome de la pièce rapportée”, ces conjoints certes membres de la famille mais dans le deuxième cercle,  qui se savent d’éternels invités, d’autant plus appréciés qu’ils sauront se rendre agréables et rester à leur place.

Comment cela se traduit-il ? Par un besoin chez les femmes de se sentir légitimées par leur “plus-value”. Je suis là parce que je le vaux bien et je le prouve. Rapports, dossiers, études… En braves petits soldats, elles ne renâclent pas à abattre le boulot que ces messieurs pourront commenter pendant des heures dans les assemblées.

“Dans la jungle”,  le docufiction de Camille Froidevaux-Metterie, une élue résume la situation actuelle des femmes politiques : “Elles sont des ressources pour les hommes.” Des collaboratrices, loyales et appréciées.

Généralement, elles vont expliquer cet état de fait par leur rapport différent au pouvoir, leur ego moins enflé, leur souci de l’efficacité ou encore le fait qu’elles ont moins de temps à perdre, des enfants qui les attendent à la maison. Non. Enfin si, mais en partie seulement.

Ne pas s’effacer derrière la fonction

Depuis que j’accompagne des femmes politiques, je constate la puissance de leur ambition, de leurs convictions, la présence en elle d’un moteur assez puissant pour leur faire accepter une vie pour le moins éreintante.

Mais pour être acceptées dans une arène politique si compétitive, elles effacent encore la femme derrière la fonction. Elles ne se sentent pas autorisé à laisser s’exprimer pleinement la femme politique qu’elles sont.   Cette peur se traduit par une réticence à prendre la parole,  surtout  pour donner un avis, livrer commentaire riposter, s’exprimer en leur nom propre.

À l’occasion du forum Femmes & Pouvoir des 29 et 30 novembre, une élue des Hauts-de-Seine témoignait dans “20 minutes” qu’elle comptabilise les  temps de parole des femmes et des hommes en conseil municipal et que les femmes occupent… 10% du temps. Et  j’ajouterais que si on enlève le temps consacré aux rapports techniques, on tomberait aux environs de 0. “Mais je n’ai rien à dire”, lui a confié  une consœur pour expliquer son silence en conseil…

Une émergence contestée

Les lois sur la parité ont depuis une dizaine d’années permis l’émergence des femmes en politique, très minoritaire encore, contestée, mais non négligeable. Et c’est une donnée irréversible.

Reste à ces femmes maintenant à occuper pleinement le terrain. De développer leur “ethos” de femmes politiques. Cesser de s’effacer derrière la fonction (leur logos) pour affirmer leur “ethos“, affirmer  les valeurs, les convictions, les certitudes, les idées qu’elles portent  à titre personnel, qui justifient leur engagement en politique, qu’elles le disent haut et fort, tranquillement mais avec détermination. Qu’elles osent prendre la parole pour dire et se dire. Les hommes le font depuis plus de 2000 ans, les femmes depuis quelques décennies.

Dire quelle personnalité abrite la bonne professionnelle, c’est non seulement légitime mais attendu : les électeurs ont besoin, derrière l’élu de connaître l’homme ou la femme.

L’assurance indispensable

Si Christiane Taubira suscite tant d’émotions, de rejet comme d’enthousiasme, c’est bien sûr parce qu’elle est noire et victime de racisme mais aussi parce qu’elle possède un “ethos” puissant qui lui donne une assurance inattendue chez une femme, noire de surcroît. Et c’est une autre leçon : lorsqu’une femme politique s’assume aussi en tant personne porteuse de valeurs, l’ambiance change, on l’écoute quand elle parle.

En politique comme en toute chose, le fonctionnement humain est celui de l’interaction. Que les hommes politiques prennent conscience que le sexisme n’a plus sa place, c’est nécessaire. Que les femmes politiques affirment leur “Moi” politique, c’est indispensable.

L’exemple d’Anne Hidalgo est à ce titre intéressant. Au temps où elle n’était “que” l’adjointe au maire de Paris, les membres du Conseil municipal prenaient leur Blackberry quand Bertrand Delanoë lui passait la parole. Elle s’est accrochée. Je l’ai aperçue il y a quelques jours lors d’un meeting, ces mêmes conseillers étaient agglutinés autour d’elle. Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

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Lisons l’article du Monde
Les femmes et la politique : dépassons l’essentialisme
Le Monde.fr | 07.03.2014 à 16h29 | Par Sophie Heine (Politologue à l’Université Libre de Bruxelles et à l’Université d’Oxford

Les femmes, comme Nancy Pelosi, ancienne présidente de la Chambre des représentants aux Etats-Unis, se comportent-elles comme les hommes en politique ?

Deux grandes approches s’ opposent aujourd’hui sur la question dite du « genre » : d’une part, les perspectives « différentialistes », qui postulent l’existence de différences innées entre les sexes sur le plan des comportements, des préférences et des aptitudes. D’autre part, les courants « constructivistes », qui avancent l’idée d’une construction sociale des catégories de « féminin » et de « masculin ». Si, pour les différentialistes, le genre et le sexe sont une seule et même chose – les normes du féminin et du masculin écouleraient naturellement du sexe biologique –, les constructivistes refusent tout essentialisme et penchent plutôt pour l’hypothèse très beauvarienne selon laquelle « on ne naît pas femme, on le devient ». Selon cette conception, les clichés sur le genre seraient produits et reproduits par l’éducation et la socialisation.
Appliquée à la question des femmes en politique, cette dichotomie est particulièrement éclairante. Selon la perspective différentialiste à nouveau très en vogue, on entend en effet souvent que les différences naturelles entre les sexes influenceraient fortement la façon dont les hommes et les femmes font de la politique. Cette approche n’est pas nouvelle. Ainsi, la fermeture de la sphère politique aux femmes a longtemps été justifiée par l’argument selon lequel leur tendance naturelle à s’intéresser aux choses concrètes, aux émotions, aux relations de proximité et à la famille les rendaient inaptes à participer à l’exercice du pouvoir. Avant que les femmes ne se voient octroyer – en grande partie grâce au combat d’une minorité aussi combattive qu’éclairée – le droit de voter et d’être élues, de tels clichés étaients largement répandus dans nos sociétés.

Certes, plus personne n’oserait aujourd’hui prétendre que les femmes ne sont pas aptes à la gestion des affaires publiques. Mais cela ne veut pas dire que le différentialisme a disparu sur ces questions. Désormais, le discours sur les différences de nature entre les sexes a pris une apparence relativement bienveillante, puisqu’il insiste sur les qualités féminines qui découleraient de ces différences naturelles et innées. En effet, si une telle rhétorique peut être ouvertement conservatrice, elle peut aussi se parer des atours les plus progressistes. Dans la première perspective, ces qualités censément féminines sont avancées pour justifier, voire, réclamer que les femmes passent plus de temps à s’occuper de leurs enfants et de leurs foyers, même si cela doit se faire aux dépens de leur carrière et de leur épanouissement personnel. Dans la seconde approche, on ne leur dénie pas la possibbilité de s’engager en politique mais on s’attend à ce qu’elles le fassent dans un sens spécifiquement « féminin » : qu’il s’agisse du soin particulier qu’elles sont censées donner à leur apparence ou de leur nature supposément plus empathique, douce ou coopérative, leur féminité est censée leur conférer une approche toute particulière de la politique. Parfois, ce discours se couple à des attentes fortes sur ce que ces « atouts féminins » seraient en mesure d’apporter à l’exercice du pouvoir. Les femmes semblent alors porter en elles un espoir de changement, de renouveau, grâce à une manière de faire de la politique qui serait à la fois belle, humaine, douce et altruiste.

Et pourtant, les études scientifiques récentes sur le sujet révèlent tout sauf un consensus sur la question : l’existence de différences naturelles entre les sexes sur le plan des comportements fait l’objet d’âpres controverses parmi les experts, les études sur le cerveau, les gènes ou les hormones ayant conduit à des résultats divers et souvent contradictoires. En revanche, la transmission de stéréotypes de genre par l’éducation et par la socialisation est, quant à elle, clairement établie. Les thèses sur la plasticité du cerveau permettent pas ailleurs de douter de la pertinence de ces querelles, à partir du moment où l’impact physiologique potentiel de la socialisation est le plus souvent réversible. L’état de la science impose donc, sur ce sujet comme sur tant d’autres, du specticisme ou, à tout le moins, de la prudence.

Mais surtout, l’approche différentialiste, même quand elle se veut bienveillante, continue à enfermer les femmes dans des clichés et des attentes d’une étroitesse potentiellement étouffante. Tout comme le préjugé encore dominant d’une nature masculine faite d’un mélange de rationalité, d’agressivité, de compétition et d’égoïsme peut être extrêmement pesant pour les hommes qui s’en écartent, ces stéréotypes sur la féminité en politique s’opposent à l’idéal de liberté. Chacun, homme ou femme, devrait pouvoir définir sa propre conception de l’action politique, ses fondements, ses ressorts et ses fins. Plutôt que d’une injonction symbolique liée à l’appartenance à tel ou tel sexe, cette façon d’appréhender la politique devrait avant tout relever d’un choix personnel.

En Europe, les femmes continuent à être minoritaires dans toutes les institutions politiques, au niveau national comme européen. S’il faut remédier à cet état de fait, c’est avant tout parce qu’il s’agit d’une inégalité structurelle qui occulte et réprime la moitié de la population, tout en privant la société de leur talent, et non pas parce qu’un plus grand nombre de femmes dans les sphères de décision politique engendrerait forcément des résultats meilleurs ou distincts. En effet, il est loin d’être sûr que les femmes qui atteignent les sphères de pouvoir se comportent autrement que les hommes, ni même qu’elles utilisent ces positions pour promouvoir les visions ou intérêts des autres femmes. Les divergences entre groupes sociaux et entre individus sont en effet autant, sinon plus, importantes que les différences entre le « groupe femmes », d’un côté, et le « groupe hommes », de l’autre. De plus, les femmes ne devraient pas avoir à se présenter comme intrinsèquement différentes ou meilleures que les hommes pour acquérir la liberté effective de s’épanouir selon les modalités qui leur conviennent. Un plus grand accès des femmes aux postes de pouvoir doit s’imposer tout simplement en vertu du principe d’égale liberté de chacun à se réaliser comme il l’entend, indépendamment de tout préjugé. Même enrobés de compliments sur la valeur ajoutée de la « féminité », ces stéréotypes ne sont finalement que les avatars de tentatives séculaires et iniques d’enfermer les femmes dans des carcans symboliques, afin de mieux les contrôler.

Sophie Heine (Politologue à l’Université Libre de Bruxelles et à l’Université d’Oxford)

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Lisons l’a rticle de La Croix
Pour 69% des Français, il est plus difficile pour les femmes de s’engager en politique

publié le 3/3/14 –

C'est avant tout dans la vie politique que les femmes rencontrent plus de difficultés que les hom...

AFP/Archives

C’est avant tout dans la vie politique que les femmes rencontrent plus de difficultés que les hommes (69%), selon un sondage

Une grande majorité de Français (69%) pensent qu’il est plus difficile pour une femme que pour un homme de s’engager en politique, révèle lundi un sondage réalisé par Mediaprism pour l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse).

Une majorité (60%) estime plus généralement que les femmes ont davantage de mal à avoir des responsabilités dans la vie publique, les femmes étant 73% à le penser.

Pour le grand public, c’est avant tout dans la vie politique que les femmes rencontrent plus de difficultés que les hommes (69%), puis dans les organisations professionnelles et patronales (59%), et enfin dans les syndicats de salariés (54%).

Seul le monde associatif fait figure d’exception puisque les trois quarts des Français (76%) estiment qu’avoir des responsabilités dans ce domaine est aussi difficile pour les uns que pour les autres.

Une majorité de Français (55%) estiment en fait que, si avoir des responsabilités dans la vie publique n’impliquait pas de comportements combatifs, voire agressifs, il y aurait plus de femmes exerçant des responsabilités dans la vie publique.

Sondage réalisé en ligne du 7 au 10 février auprès d’un échantillon de 1.116 individus selon la méthode des quotas.

AFP

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Gouvernements Jean-Marc Ayrault “1 et 2”, de 2012 à 2014

 Christiane Taubira. Marisol Touraine.  Cécile Duflot.  Aurélie Filippetti.
 Najat Vallaud-Belkacem.  Geneviève Fioraso.  George Pau-Langevin.  Fleur Pellerin.
 Delphine Batho lors d'un débat sur la transition écologique à l'Agora lors de la Fête de l'Humanité 2013.Delphine Batho  Image illustrative de l'article Nicole BricqNicole Bricq  Geneviève Fioraso en février 2013.Geneviève Fioraso  Najat Vallaud-Belkacem en juin 2013.Najat Vallaud-Belkacem
 Sylvia Pinel, le 24 mai 2013.Sylvia Pinel

 

 Yamina Benguigui, en mai 2012.Yamina Benguigui  Image illustrative de l'article Michèle DelaunayMichèle Delaunay  Dominique Bertinotti en septembre 2012.Dominique Bertinotti

 

  • Delphine Batho (1973-), ministre déléguée auprès de la ministre de la Justice, entre le 16 mai et le 21 juin 2012 puis ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie entre le 21 juin 2012 et le 2 juillet 2013.
  • Christiane Taubira (1952-), Garde des Sceaux, ministre de la Justice, depuis le 16 mai 2012.
  • Marisol Touraine (1959-), ministre des Affaires sociales et de la Santé, depuis le 16 mai 2012.
  • Cécile Duflot (1975-), ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, depuis le 16 mai 2012.
  • Nicole Bricq (1947-), ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, entre le 16 mai 2012 et le 21 juin 2012 puis ministre du Commerce extérieur depuis le 21 juin 2012.
  • Aurélie Filippetti (1973-), ministre de la Culture et de la Communication, depuis le 16 mai 2012.
  • Geneviève Fioraso (1954-), ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, depuis le 16 mai 2012.
  • Najat Vallaud-Belkacem (1977-), ministre des Droits des femmes, depuis le 16 mai 2012 puis porte-parole du gouvernement, depuis le 16 mai 2012.
  • Marylise Lebranchu (1947-), ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, depuis le 16 mai 2012.
  • Valérie Fourneyron (1959-), ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, depuis le 16 mai 2012.
  • Sylvia Pinel (1977-), ministre (ministre déléguée jusqu’au 21 juin) à l’Artisanat, au Commerce et au Tourisme, depuis le 16 mai 2012.
  • George Pau-Langevin (1948-), ministre déléguée à la Réussite éducative, depuis le 16 mai 2012.
  • Michèle Delaunay (1947-), ministre déléguée aux Personnes âgées et à la Dépendance, depuis le 16 mai 2012.
  • Dominique Bertinotti (1954-), ministre déléguée à la Famille, depuis le 16 mai 2012.
  • Marie-Arlette Carlotti (1952-), ministre déléguée aux Personnes handicapées, entre le 16 mai et le 21 juin 2012 puis ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion depuis le 21 juin 2012.
  • Yamina Benguigui (1957-), ministre déléguée aux Français de l’étranger et à la Francophonie, entre le 16 mai et le 21 juin 2012 puis ministre déléguée à la Francophonie depuis le 21 juin 2012.
  • Fleur Pellerin (1973-), ministre déléguée aux Petites et Moyennes entreprises, à l’Innovation et à l’Économie numérique, depuis le 16 mai 2012.
  • Hélène Conway-Mouret (1960-), ministre déléguée aux Français de l’étranger, depuis le 21 juin 2012.
  • Anne-Marie Escoffier (1942-), ministre déléguée chargée de la Décentralisation, depuis le 21 juin 2012.

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