Société

24 choses normales en France mais qui paraissent super cheloues aux étrangers

De la langue française à la bise en passant par le 14-Juillet.

1. Le goûter. Le quatre heures

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instagram.com

Attention, on parle du vrai goûter à la française, pas d’une barre Twix grignotée quand on a un petit creux.

Le goûter, gouter (orthographe 1990), ou « quatre heures » est un repas léger pris en fin d’après-midi. … Par abus de langage, le goûter désigne aussi la collation prise entre le petit déjeuner et le repas du milieu de la journée.

2. Les commerces fermés le dimanche.

Une tradition qui fait tout drôle au touriste américain cherchant désespérément où s'acheter une boîte de Doliprane.

Arseniy Rogov / Getty Images

Une tradition qui fait tout drôle au touriste américain cherchant désespérément où s’acheter une boîte de Doliprane.

Un commerce sans salarié peut ouvrir le dimanche, sauf si un arrêté préfectoral ordonne la fermeture pour une activité commerciale spécifique. En revanche, l’ouverture dominicale d’un commerce qui emploie des salariés n’est possible que s’il existe des dérogations. Les commerces situés dans les nouvelles zones dérogatoires peuvent ouvrir de droit le dimanche, à condition d’avoir négocié un accord collectif prévoyant des contreparties financières pour les salariés.

3. Le nombre de pharmacies au kilomètre carré.

media.tenor.com

Nos pharmacies sont peut-être fermées le dimanche, mais on en a beaucoup 😛

Nombre d’officines : 21863

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4. Le nombre de ronds-points.

La France en compte 30.000, soit plus de la moitié de ceux qui existent dans le monde. Il y a de quoi être fier!

Trois Godelles à Commercy / Google

La France en compte 30.000, soit plus de la moitié de ceux qui existent dans le monde. Il y a de quoi être fier!

5. Le fait de traduire les titres de films en anglais… avec un autre titre en anglais.

Parce que pourquoi pas.

Warner Bros. / Via fr.web.img4.acsta.net

Parce que pourquoi pas.

6. L’habitude de se dire bonjour en se faisant la bise.

Canal +

 C’est une tradition qui remonterait à la Bible. “Dès que Laban eut entendu parler de Jacob, fils de sa sœur, il courut au-devant de lui, il l’embrassa et le baisa, et il le fit venir dans sa maison”, peut-on lire dans La Genèse, chapitre 29 verset 13. En France, faire la bise est une habitude, lorsque deux personnes proches veulent se saluer. Dans certains départements, d’ailleurs, comme dans la Sarthe, on fait la bise quatre fois, d’après le site Combiendebises, qui se réfère aux votes des internautes. Dans le Finistère, la tradition veut que les gens se fassent une bise. Et si la majorité du nord de la France tend la joue droite avant la gauche, c’est l’inverse en Alsace et dans la région niçoise.

Mais pourquoi fait-on la bise sur la joue? Selon le spécialiste de l’anthropologie du corps David Breton cité par L’Express, faire la bise est une rare occasion de toucher le visage d’autrui, et la joue qui est habituellement sans grand intérêt prend tout d’un coup une certaine valeur. Les enfants sont l’objet d’innombrables baisers de la part de tous”, explique le sociologue, ce qui n’est pas le cas à l’âge adulte. La bise est donc l’occasion de montrer son affection, son amitié ou encore son respect, tout en intégrant un certain degré de proximité, par exemple dans le monde de l’entreprise où deux collègues peuvent se serrer la main ou se faire la bise.

“C’est d’abord un signe d’égalité: on se fait face“, commente le philosophe Gérarld Cahen, toujours cité par L’Express. “Ce qui est frappant aujourd’hui, c’est que tout le monde embrasse tout le monde. A la génération de nos parents ou de nos grands-parents, on n’embrassait pas un adulte à la fin du premier repas pris ensemble. Il y a une démocratisation du baiser, dans une société où on a besoin de recréer des contacts qui manquent”.

7. Et le système incompréhensible des différents nombres de bises.

Ce merdier n'a aucun sens.

Bill Rankin / Via blog.michael-lawrence-wilson.com

Ce merdier n’a aucun sens.

8. Le système scolaire.

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9. Notre amour des dos-d’âne.

Un village français sans dos-d'âne n'est pas un village digne de ce nom.
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Dos d’âne

Le ralentisseur de type dos d’âne (hauteur 10 cm, longueur 4 m) est le plus ancien des ralentisseurs, il est parfois appelé gendarme couché dans le langage populaire.

En France, il est interdit de mettre en place un passage pour piétons sur ceux de type dos d’âne, alors que ceux de type trapézoïdal en comportent obligatoirement au moins unD 1. Mais il n’est pas interdit de mettre un passage pour piétons après le dos d’âne, par exemple 20 m après. Le plateau est également surélevé, de 10 cm ou un peu plus, la longueur est variable (minimum 15 mètres).

Coussin

Le coussin (ou coussin berlinois) est assez récent et est une forme spéciale du dos d’âne : c’est une plaque carrée surélevée (hauteur 6 à 7 cm, largeur 1,80 m environ), (souvent blanche pour être repérée) posée sur 1 voie à la fois (si la route est à double-sens, il y en a deux, etc.) avec 4 bords obliques. Elle oblige le conducteur d’un véhicule léger à ralentir à 30 km/h car les roues de droite ou de gauche doivent monter sur le coussin. Le conducteur d’un véhicule lourd ou d’un car peut en revanche éviter la montée sur le coussin en passant les roues juste de part et d’autre du coussin, mais pour bien viser le conducteur doit ralentir fortement, à 30 km/h également.

Ce type de ralentisseur est réputé dangereux par les conducteurs de deux-roues, surtout par temps de pluie car le risque de glisser est présent. Ce risque est renforcé lorsque le matériel n’est pas homologué, comme les matériels en caoutchouc vulcanisés, non visés par la norme régissant ces matériels4.

Bande sonore

La bande sonore, comme son nom l’indique, est une bande perpendiculaire à la voie comme le dos d’âne mais beaucoup plus fine et moins haute (hauteur 1 cm environ, largeur 50 cm environ). Sa particularité est d’émettre un bruit sourd à chaque passage d’un essieu de voiture (d’où leur qualification). Elles sont en groupes successifs de 3 à 6 pour pouvoir faire effet dans l’esprit du conducteur.

Créneau, chicane et écluse

Le créneau Déformation courte mais volontaire du tracé de la route. Une voie en ligne droite est remplacée surtout aux abords des écoles par un créneau d’une cinquantaine de mètres environ. Il oblige à ralentir du fait des deux tournants serrés, et ceux d’autant plus que le gabarit du véhicule est important (et donc réputé dangereux), ce qui permet d’augmenter la sécurité sans inconfort notoire pour les usagers.

Chicane aux États-Unis

La chicane 
Variante du créneau, formée par des avancées de trottoir alternativement à droite et à gauche, distantes de 40 m environ.
L’écluse 
Réduction de la largeur de la chaussée (à 3,50 m par exemple) par la création d’avancées du trottoir de chaque côté, de sorte qu’un seul véhicule peut passer, l’autre venant du sens opposé devant attendre. L’écluse est parfois dotée de pistes latérales, de chaque côté, pour éviter aux cyclistes d’emprunter la chaussée centrale.
Mini rond-point en France

Mini rond-point en France.

La courbe serrée, simple mais efficace, est une autre déformation volontaire de la route, aux abords des carrefours par exemple pour obliger l’automobiliste à ralentir pour éviter de subir la force centrifuge.

Enfin, le carrefour giratoire, appelé rond-point en langage populaire, où la mise en place d’un îlot central à un endroit précis permet de réduire la vitesse des véhicules arrivant. Dans certains cas, le giratoire constitué d’une calotte bombée franchissable, il est appelé dans ce cas « mini-giratoire » : il est donc possible de le chevaucher ou de le franchir complètement (notamment les poids lourds).

upload.wikimedia.org

Un village français sans dos-d’âne n’est pas un village digne de ce nom.

10. Se promener dans la rue avec une baguette de pain achetée à la boulangerie.

Stephan Rosger / Via Flickr: 56183874@N08
Chaque seconde, ce sont 320 baguettes de pain qui sont consommées et produites en France, soit 10 milliards par an. Chaque Français consomme 160 gr. de pain par jour. Avec un chiffre d’affaires de 56 milliards de francs, les boulangeries produisent plus de 70 % du pain distribué, soit plus d’un million et demi de tonnes de pain par an.

11. Et manger systématiquement le quignon sur le chemin du retour.

Canal Plus / Via youtube.com

12. Les règles de prononciation de la langue française.

13. Notre façon de compter qui n’a strictement aucun sens.

On allait quand même pas faire comme les Belges et les Suisses.

amiensannie-blog.tumblr.com

On allait quand même pas faire comme les Belges et les Suisses.

14. L’inventivité des expressions françaises.

15. Manger du fromage à la fin du repas.

Des fromages étranges avec des formes bizarres, des croûtes épaisses et plein de moisissures.

instagram.com

Des fromages étranges avec des formes bizarres, des croûtes épaisses et plein de moisissures.

En France, on produit au moins 1200 variétés de fromage ! Combien y a-t-il de fromages en France ? 1200, c’est le nombre de variétés de fromages français répertoriées par le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière.Dec 9, 2015

16. L’interdiction de diffuser des films à la télé le samedi.

thegifsbox.tumblr.com

Et toutes les autres interdictions cheloues qui régissent la télé française.

Pourquoi les chaînes ne peuvent-elles pas diffuser de films tous les jours de la semaine ?

C’est une règlementation visant à protéger l’exploitation des films en salles, et donc à encourager la fréquentation des cinémas, qui impose aux chaînes l’interdiction de diffuser des films de cinéma à certaines périodes de la semaine.

En effet, selon les études réalisées par le CNC, près de 55 % des entrées dans les salles de cinéma s’effectuent entre le vendredi et le dimanche (Source CNC : Bilan 2012 – nº 326 – mai 2013).

Quels sont les périodes de la semaine concernées ?

Sur la majorité des chaînes gratuites, il ne sera donc pas possible de voir de films de cinéma :

– le mercredi soir,

– le vendredi soir,

– le samedi toute la journée, y compris le soir,

– et le dimanche après-midi.

Il existe une exception, le mercredi soir, pour les chaînes qui respectent les conditions suivantes : investissements plus élevés dans la production cinématographique, respect de quotas de diffusion spécifiques, audience moyenne de la chaîne inférieure ou égale à 5 % de l’audience totale. Dans les faits, elles sont très peu nombreuses à répondre à ces critères et, par conséquent, à pouvoir diffuser des films le mercredi soir.

Par ailleurs, une autre exception concerne les films d’art et d’essai : les chaînes peuvent en diffuser les mercredis et vendredis soir après 22h30.

Quant aux chaînes cinéma, elles bénéficient d’une règlementation plus souple.

17. Les quotas de chansons francophones à la radio.

Quels sont ces quotas ?

C’est une règle qui a fêté ses 20 ans il y a peu. Depuis le 1er janvier 1996, la loi Toubon votée en 1994 impose aux radios privées des quotas de chansons francophones à la radio, c’est-à-dire chantées en français ou dans une langue régionale. Ce qui exclut donc les artistes français qui chantent en anglais, comme la chanteuse Christine & The Queens ou le groupe de rock J.C. Satan. Un quota de nouveautés (morceaux de moins de neuf mois) est également imposé.

Il existe aujourd’hui trois modèles, le principal imposant un taux minimal de 40 % de chansons francophones et 20 % de nouveautés ou artistes émergents ; un modèle 35 %-25 %, et un troisième, 60 %-10 %, appliqué aux radios patrimoniales, comme Nostalgie et Chérie FM.

Certaines stations ont également un fonctionnement différent. TSF Jazz n’a, par exemple, aucune obligation, alors que Nostalgie a souscrit à un taux minimum de 60 %, et la radio Chante France à un taux de 100 %, indique un rapport de l’Observatoire de la musique et du CSA publié en 2013.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/04/22/comprendre-les-quotas-de-chansons-francophones-a-la-radio_4907025_4355770.html#k58DdhljgCbj7c9w.99

18. Le verlan.

Et aussi la reverlanisation, cette invention du diable.

BuzzFeed France

Et aussi la reverlanisation, cette invention du diable.

Le verlan consiste à créer des mots argotiques selon des procédés formels. Il s’agit d’un argot à clefs comme le largonji, le louchébem, le javanais, le largonjem. Les formes sont codées selon des principes préétablis.

Le mot vient de la verlanisation de l’envers : verlan. Les syllabes ont été inversées et le nom peut faire donner une fausse définition des codes du verlan. Gaston Esnault l’écrit vers-l’en, Auguste Le Breton verlen.

  • Black (noir) : blackeu : keubla.
  • Bus : busseu : seubu.
  • Femme : meufa : meuf.
  • Fête : fêteu : teuf.
  • Flic : keufli : keuf.
  • Frère : reufrè, reufre : reuf.
  • Gauche : cheugau : cheug.
  • Juif : feujui : feuj.
  • Lourd : loureu : reulou.
  • Mec : mekeu : keum.
  • Mère : reumeu : reum.
  • Père : reupè : reup.
  • Poudre : dreupou.
  • Punk : punkeu : keupon
  • Sac : sakeu : keussa : keus.
  • Soeur : reusseu : reuss.
  • Shit : shiteu : teush (et tosh par brouillage).
  • Tronche : troncheu : cheutron : chetron.
  • La syllabe est ouverte (CV) : on inverse l’ordre des phonèmes.
  • Chaud : auch.
  • Chier : iéche.
  • Feu : euf.
  • Fond : donf.
  • Fou : ouf.
  • Bizarre : zarbi.
  • Blouson : zomblou.
  • Bonhomme : nombo.
  • Cablé : bléka.
  • Café : féca.
  • Choper : pécho.
  • Faucher : fécho.
  • Lourd : reulou.
  • Maigre : greumè.
  • Méchant : chanmé.
  • Métro : tromé.
  • Musique : zicmu ou sicmu : zik.
  • Pascal (billet de banque à l’effigie de Pascal) : scalpa, puis scalp.
  • Pétard : tarpé.
  • Pourri : ripou.
  • Tabac : bata.
  • Taxi : Xita ou xit.
  • Tomber : béton dans Laisse béton.
  • Nez : zen.
  • Toi : ouate.

19. Boire du café dans un bol.

Et tremper ses tartines dedans au petit déjeuner.

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Et tremper ses tartines dedans au petit déjeuner. (cqfd)

20. Avoir le coq comme emblème national. LE COQ.

 Coq gaulois. Le choix du coq comme emblème fait référence à la Gaule en jouant sur le jeu de mot latin “gallus” (coq) et “Gallus” (Gaulois). Bien que souvent utilisé comme symbole de la France, notamment par les fédérations sportives, il n’a jamais été choisi comme symbole officiel.

21. Fêter le 14-Juillet avec une impressionnante parade militaire.

Chacun sa façon de faire la fête.

Alain Jocard / AFP / Getty Images

Chacun sa façon de faire la fête.

Le 14 juillet, jour de fête nationale depuis 1880

La tradition du défilé militaire telle que nous la connaissons a été instituée en 1880, un an après l’adoption officielle de La Marseillaise comme hymne national. Avant cette date, des soldats avaient déjà défilé le 14 juillet, notamment sous le consulat de Napoléon Bonaparte. Le futur empereur souhaitait rendre hommage aux «défenseurs de l’Etat» et ne faisait aucune référence à la prise de la Bastille, symbole pour lui de la marche vers le Terreur, rappelle Claude Quétel, auteur du Mythe du 14 juillet ou la méprise de la Bastille (J. C. Lattès, 2013). Le 6 juillet 1880, la loi faisant du 14 juillet la fête nationale annuelle est promulguée. Le texte, très bref, ne fait aucune référence à une éventuelle procession militaire et entretient le flou en ne précisant pas ce qui est commémoré. Les Républicains les plus à gauche pensent au 14 juillet 1789, tandis que les plus modérés, qui jugent cette révolte populaire trop sanglante, préfèrent se souvenir de la fête de la Fédération, célébrée le 14 juillet 1790 sur le Champ-de-Mars à Paris. Le choix de cette date à double entrée sert à éviter une opposition trop forte et à unir tous les Républicains autour d’une fête plus consensuelle, explique à Libération Annie Crépin historienne spécialiste d’histoire militaire. L’objectif est alors de consolider la jeune IIIe République, proclamée dix ans auparavant, après la bataille de Sedan face à la Prusse.

22. Utiliser toutes sortes d’onomatopées étranges quand on hésite en parlant, du genre «beeeh», «baaaah», «beeeen».

Ou «eeeeeeeuh».

Peopleimages / Getty Images

Ou «eeeeeeeuh».

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23. Les émissions où tout le monde s’engueule à la télé.

INA / Via youtube.com

La politique, la philo, le dernier livre de Christine Angot… Les Français trouvent toujours une bonne raison de s’engueuler.

Comment expliquer que la politique puisse susciter encore tant de débats passionnés alors que le taux d’abstention aux scrutins français ne cesse de progresser depuis une vingtaine d’années ? Il atteignait en effet 19,6 % au deuxième tour de la présidentielle de 2012, et 44,6 % au deuxième tour des législatives de cette même année1. « Un fossé s’est creusé entre les gouvernants et les gouvernés, éclaire la sociologue Anne Muxel2. Mais, malgré ce désaveu, les Français restent relativement intéressés par la politique. La défiance à son égard, l’image que l’on en a n’hypothèquent pas l’intérêt que l’on peut exprimer pour elle. Mais celui-ci se manifeste de manière plus critique, plus protestataire qu’autrefois, il se fait davantage au travers d’une dénonciation, d’un mécontentement. » Il s’inscrit dans une conjoncture de lassitude, voire d’exaspération. Parce que l’on a un sentiment d’impuissance

Un prétexte au règlement de comptes

Les affrontements politiques dissimulent parfois de tout autres enjeux dans la famille et dans le couple. Des enfants en conflit avec un de leurs parents peuvent, par exemple, s’en prendre au candidat ou au parti pour lequel vote leur père ou leur mère. Sans forcément être conscients de la signification exacte de leur véhémence. « La politique est un sujet surdéterminé, éclaire le psychanalyste Roland Gori. Il arrive qu’elle devienne le prétexte à partir duquel on règle un certain nombre de comptes, un portemanteau auquel nous accrochons des conflits affectifs. »

Le psychiatre et psychanalyste Alain Deniau évoque même le surgissement d’une insurrection personnelle face à un sentiment d’impuissance, de réduction de l’éventail des choix, et face à l’impression aussi que « les extrêmes continuent de faire leurs preuves mortifères. Sur un plan plus intime, en notre for intérieur, nous voudrions que ça change, que les choses soient différentes. Certes, les familles ne se déchirent pas autant que du temps de l’affaire Dreyfus, mais nous sentons bien pointer le fantasme d’une autre société ».

Un fantasme qui se déploie sur fond de crise économique et d’insécurité décuplée depuis la vague d’attentats qui a meurtri le pays. Dans un environnement anxiogène et hyper réactif, les réflexes archaïques – la peur, la défiance, l’oubli de l’histoire – ouvrent la voie à des discours s’appuyant sur la méfiance et le rejet de l’autre. Le psychanalyste Roland Gori3 voit dans la montée des extrémismes et du radicalisme, dans la libération de la parole quant à des positions, des votes considérés autrefois comme tabous, le symptôme de ce que la philosophe Hannah Arendt4 définissait comme l’« esseulement » de l’individu. « Les citoyens atomisés évoluent dans un environnement social pulvérisé, indique-t-il. Comme ils n’ont pas la possibilité d’entrer en relation les uns avec les autres, ils deviennent victimes, objets de toutes sortes de prédateurs. Le discours des gouvernants étant vidé de sa substance politique, certains, en quête d’identité, d’identification, sont attirés par les partis de masse, hier le nazisme et le fascisme, aujourd’hui les mouvements d’extrême droite, mais aussi les “théofascismes” comme Daech ou al-Qaida. Les lieux d’expression et de débat authentiques se raréfient. Les espaces publics se trouvent désertés… Les jeunes tentent de trouver de nouveaux lieux d’expression : réseaux sociaux, manifestations (un sur deux y a déjà participé) alors qu’ils ne sont plus que 4 % dans les syndicats et 1 % dans les partis. »

Parce que cela permet de se forger des convictions

Dans ce contexte, les disputes, la possibilité de débats houleux au sein des familles, mais aussi lors de repas, de réunions, de soirées en couple ou entre amis, attestent d’une certaine vitalité, pense le psychanalyste, car la politique, « champ des passions, de la parole et de l’argumentation, constitue et nourrit les liens entre les humains. Et il est sain que des espaces d’échanges comme l’amour, l’amitié, la famille soient recherchés ; cette dernière est le lieu le plus naturel, le plus évident : il est logique que des proches se retrouvent motivés à commenter, au cours des repas, des événements nationaux abordés par les informations télévisées… ».

1. Source : ministère de l’Intérieur
2. Anne Muxel, auteure de Toi, moi et la politique, amour et convictions (Seuil).
3. Roland Gori, auteur d’Un monde sans esprit, la fabrique du terrorisme (Les Liens qui libèrent).
4. Hannah Arendt, auteure de Condition de l’homme moderne (Pocket).

 

 

Top 10 des émissions télé françaises les plus anciennes, les indéboulonnables du PAF (topito)

À l’instar de Vu à la télé – la super émission qui vous permettait de regarder des gens en train de regarder la télé – certains programmes ne durent vraiment pas longtemps. D’autres, en revanche, sont carrément plus vieux que nous, et méritent par conséquent une certaine forme de respect (même si bon, 30 millions d’amis n’est pas forcément notre émission favorite).

  1. Le Jour du Seigneur (1949)
    Diffusé tous les dimanches sur RTF Télévision, puis TF1, puis Antenne2/France 2, Le Jour du Seigneur est officiellement la plus vieille émission de la télé française. Si vous n’avez jamais eu l’immense privilège de tomber dessus, il s’agit d’une rediffusion de la messe du dimanche suivi d’un débat autour de la foi.Pourquoi on aime : Parce que du coup notre mémé ne nous trainait pas à la messe à 10h le dimanche matin et qu’on pouvait bouffer des chocapics en pyjama devant la téloche.
  2. Des chiffres et des lettres (1972)
    Créée en 1965, l’émission “Le Mot le plus long” était la première mouture Des chiffres et des lettres (vous noterez l’habile jeu de mots) qui verra le jour en 1972. Diffusée sur France 3 du lundi au vendredi à 16 h 10, l’émission a su rester dans son bain d’origine et préserver l’ambiance délicatement ringarde qui fait son charme.Pourquoi on aime : Parce que Laurent Romejko pardi !
  3. Automoto (1975)
    Diffusé sur TF1 le dimanche de 10h10 à 10h50, Automoto, comme son nom l’indique, parle principalement de voitures qui font pouet pouet et de motos qui font vroum vroum. Après, si vous n’avez pas votre permis et que vous détestez les bagnoles, vous risquez de vous faire un poil chier.Pourquoi on aime : Parce qu’il faut bien un truc devant lequel comater le dimanche matin et que Le Jour du Seigneur nous fout le bourdon.
  4. Thalassa (1975)
    Programmé le vendredi à 20h45 sur France 3, Thalassa c’est l’émission des gens qui aiment la mer, les bulots et les cirés jaunes (et qui n’ont pas grand-chose à foutre de leur vendredi soir). Attention néanmoins : si vous avez moins de 60 ans et que vous avez déjà refusé un dîner pour passer votre soirée en tête à tête avec Georges Pernoud, il faut vous inquiéter.Pourquoi on aime : Parce que depuis qu’on a vu Nemo, nous nous sentons très concernés par l’avenir et la protection de la flore marine. Et que la mer c’est chouette.
  5. Stade 2 (1975)
    Ce serait une insulte à votre culture générale que de vous présenter Stade 2. Alors on va juste se contenter de dire que c’est la plus grande émission sportive que le monde ait jamais connue. Tout simplement.Pourquoi on aime : Parce que Stade 2 c’est toute notre enfance, toute notre adolescence, et toute notre trentaine. Il faudra nous passer sur le corps pour la déprogrammer.
    1. 30 millions d’amis (1976)
      Créée à l’initiative de Jean-Pierre Hutin, l’émission 30 millions d’amis met en avant toutes ces sympathiques bébêtes que l’on aime tant et qui partagent nos vies géniales, comme Coco le perroquet ou Martin l’anaconda.Pourquoi on aime : Parce que ça nous conforte dans l’idée (fausse, hein) qu’il n’y a rien d’inquiétant dans le fait d’habiller son animal de compagnie et de prendre un jour de RTT pour lui tenir compagnie parce qu’il est un peu stressé en ce moment.
    2. Téléfoot (1977)
      Diffusé tous les dimanches à 11h sur TF1, Téléfoot avait, à l’origine, été créé à la demande du président de la Ligue de football de l’époque, Jean Sadoul. Malgré Christian Jeanpierre, l’émission continue d’être un carton presque quarante ans après sa création.Pourquoi on aime : Pas pour Christian Jeanpierre, vous l’aurez compris, mais quand même Bixente Lizarazu ça se refuse pas.
    3. Télématin (1985)
      L’émission à la petite horloge qui nique toutes nos matinées depuis trente ans. Et le pire c’est que, malgré le caractère assez peu cordial de William Leymergie, et des chroniqueurs tous plus ringardos les uns que les autres, on continue de regarder tous les matins.Pourquoi on aime : On aime pas.
    4. Turbo (1987)
      L’équivalent M6 d’Automoto, diffusé sur la chaîne tous les dimanches à 11h20. Donc des voitures, des moteurs, des roues, des pare-chocs, bref que des trucs supers.Pourquoi on aime : Parce que ce serait pas juste de dire qu’on aime Automoto et pas Turbo, donc on dit qu’on aime. Mais en vrai, on s’en tamponne un peu le coquillard.
    5. Téléshopping (1987)
      Diffusé tous les jours à 8h30 du lundi au samedi, Téléshopping c’est un peu l’émission dont on s’est toujours demandé qui pouvait bien la regarder (tout en la regardant nous même). Mauvaise nouvelle : vu la longévité du truc, vous connaissez forcément un fan de Téléshopping.Pourquoi on aime : Parce qu’on finit à chaque fois le mois avec 200 balles dont on ne sait pas quoi faire. Et puis c’est vrai qu’on avait vraiment besoin de cet éplucheur de patates électrique.

    On pourra dire ce qu’on veut, c’est quand même mieux que Les Ch’tis dans la Jet-Set.

24. Et bien sûr, l’administration française.

Une certaine idée de l'Enfer.
à partir de Buzzfeed

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