475 Humanisme et Renaissance

La renaissance artistique

Vénus à sa toilette (anonyme, milieu du XVIe,).

  • L’art de la Renaissance, culture chrétienne et tradition antique
    • Les sujets religieux sont encore majoritairesLa plupart des peintres des XV et XVI siècles s’inspirent de la tradition religieuse chrétienne. (MA l’image et le ciel, R Réalisme)
    • L’importance du voyage en ItaliePour les artistes comme pour les philosophes humanistes, le voyage en Italie est nécessaire à une bonne formation.
  • La Renaissance met l’homme au centre du système artistique
    • Nouveau statut de l’artiste et de l’œuvre d’artL’artiste est désormais considéré comme un ouvrier à part entière.  (mécènes commande. grands chantiers)
    • La représentation des sujets profanes L’homme est désormais un sujet digne d’étude (activités )
  • L’art intègre les apports des scientifiques humanistes

L’apport des recherches mathématiques Les mathématiques sont utilisées pour les tableaux autant que pour les constructions architecturales. (perspective constructions pyramidales  nombre d’or la divine proportion).

    • L’apport de la médecine et de l’anatomie La médecine progresse à cette époque grâce à la pratique de la dissection.

Diane chasseresse, anonyme, École de Fontainebleau, vers 1550

 

L’humanisme, une nouvelle vision du monde

  • Naissance et diffusion de l’humanisme
    • 1453, une date charnière dans l’histoire européenne Si l’activité intellectuelle ne s’est pas arrêtée au Moyen Age, le milieu du XV rupture dans l’histoire culturelle de l’Europe. (guerre de 100 ans, flux des réfugués byzantins devant les Turcs, Gutemnberg Bible)

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  • Des conditions propices à la diffusion de l’humanisme La multiplication des ateliers typographiques va de pair avec celle des ouvrages imprimés. (audience princes (François I , Henri VIII), riches bourgeois commerçants ou puissants ecclésiastiques – de philosophes et d’artistes – mécénat,  communauté humanisteImage result for sciences renaissancehétéroclite, révérence auteurs antiques et une curiosité science, latin)
  • Les champs d’action des humanistes remettent en question l’ordre établi
    • Les sciences expérimentales Certains savants humanistes orientent leurs recherches vers les sciences de la nature. (médecine progresse  meilleure compréhension du corps humain, dissections). (organisation de l’univers, héliocentrisme).
    • Les conséquences de la révolution humaniste L’éducation base de la philosophie humaniste (les facultés humaines méritent d’être valorisées). Equilibré savoir, réflexion, phuysique : “honnête homme”, l’idéal humaniste. Remise en cause de l’eglise sur le savoir) réformes religieuses  et politique

 

L’imprimerie & la redécouverte de l’Antiquité

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Modernisation de l’imprimerie

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La redécouverte de l’Antiquité

L’humanisme L’humanisme (du latin humanus, “instruit, cultivé”) est un courant de pensée apparu à la fin du Moyen Age . Les humanistes s’intéressent à la culture et placent l’homme au centre de leurs réflexions. savants, des érudits, et faire progresser le champ des connaissances. Ils croient en la bonté de l’homme. Les grands foyers de l’humanisme sont les villes universitaires

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et/ou les centres d’imprimerie, comme Venise, Paris, Bâle, Padoue, et Lyon.

    • L’intérêt pour les auteurs anciens Les humanistes veulent tout savoir, tout connaître. auteurs de l’Antiquité grecque et latine. regard neuf et critique sur les auteurs connus comme Aristote,  auteurs oubliés comme Cicéron, Lucrèce, Sénèque et auteurs grecs. Au XV siècle, des savants byzantins, fuyant les Turcs, se réfugient en Italie et en France : ils y font découvrir la langue et la littérature grecques. Contre traduits, copiés et corrigés par des générations de copistes,  éloignés des textes originaux. Retour au véritables textes, dans leur langue d’origine.
    • La diffusion de la culture antique Au XV siècle, les princes et les riches particuliers cherchent à réunir des manuscrits de l’Antiquité. livres de petit format, les auteurs de l’Antiquité, les rendant ainsi facilement accessibles.

Les grandes découvertes

Les raisons de ces expéditions

  • La perspective de richesses lointaines Au XV siècle, les Européens entreprennent de grandes expéditions maritimes.
    • Les régions lointaines de l’Orient (Marco Polo).
    • fin du XIII siècle richesses de la Chine, du Japon, de l’Inde et des îles de l’Extrême-Orient. (la soie, les épices et surtout l’or )
    • motifs économiques l’Europe manque d’or,
    • raisons religieuses lutte contre l’islam.

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Le livre des merveilles, Jean de Mandeville

Les progrès de la navigation

  • Les Européens disposent au XV siècle des connaissances et des techniques nécessaires pour naviguer sur les océans. La boussole et le gouvernail depuis le XIII siècle. astrolabe, Les progrès décisifs sont réalisés par les Portugais.  cartes marines – la caravelle. Longue de 25 mètres, haute, dotée de voiles carrées et à l’arrière d’une voile triangulaire.

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  • Les grands voyages
    • Le tour de l’Afrique par Vasco de Gama Au début du XV siècle, les Portugais côte occidentale de l’Afrique. En 1480, Barthélemy Diaz  le cap de Bonne-Espérance. En juillet 1497,  Vasco de Gama. Son but est d’atteindre les Indes.  Calicut, sur la côte occidentale de l’Inde en mai 1498.

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  • La “découverte” de l’Amérique par Christophe Colomb Christophe Colomb, navigateur génois, par l’ouest. 1492. San Salvador, puis Cuba,
  • Le premier tour du monde par Magellan Magellan Pacifique, 1519, 1521, ils touchent enfin l’île de Guam, et naviguent d’île en île. l’Asie puis rentrent en Europe. rotondité de la Terre. Des ressources immenses

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Humanisme, Etat et Religion

L’humanisme et la question religieuse

– grandes découvertes, aspirations nouvelles apparaissent sur le plan religieux. L’humanisme place centrale à l’homme, remet en cause  pensée de l’Eglise. Selon les humanistes, l’homme n’est plus un pécheur humilié devant Dieu et déchu par le péché originel. Par son pouvoir de création, par ses facultés intellectuelles, l’homme apparaît au contraire à l’image de Dieu. Cet optimisme et cette foi dans les possibilités humaines bouleversent les conceptions traditionnelles du moyen Age imposées par l’Eglise, qui faisaient de Dieu le centre de l’univers.

En étudiant la pensée antique, les humanistes découvrent et célèbrent une philosophie et une morale très éloignées de celles de l’Eglise. La recherche du bonheur et de la sagesse apparaît totalement nouvelle, car jusque là, les hommes, selon l’Eglise, ne devaient se préoccuper que du respect des traditions de l’Eglise.

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L’humanisme brise également le monopole de l’Eglise sur la vie intellectuelle. Auparavant, l’enseignement supérieur était aux mains de l’Eglise. Seuls les sujets religieux étaient abordés, et tous les domaines, même la science, étaient subordonnés à la religion.

Par exemple, l’apparition en France du Collège des lecteurs royaux, qui dépend du roi et non de l’Eglise, constitue un réel bouleversement. Des sujets profanes sont alors abordés.

Enfin, l’humanisme, doublé du développement de l’imprimerie, développe l’esprit critique vis-à-vis des textes sacrés. Une nouvelle tournure d’esprit en découle, qui consiste à ne plus rien admettre a priori. Les humanistes recherchent dans la Bible la source d’une piété plus pure. Les travaux d’Erasme ou de Jacques Lefèvre d’Etaples (nouvelle édition des Epîtres de Saint-Paul en 1512) favorisent la création de cercles évangéliques où les gens se réunissent pour lire la Bible et prier. On s’habitue ainsi à se passer des prêtres, et à minimiser l’importance du culte. On retrouve ces préoccupations dans la réforme luthérienne.

On mesure toute la distance parcourue entre le Moyen Age, où l’Eglise règne en maître sur les esprits, et l’humanisme. Les humanistes ne sont pas pour autant des incroyants, mais ils ont amené les esprits à remettre en question le rôle dominant de l’Eglise.

La réforme

La réforme protestante, également appelée « la Réforme », amorcée au XVIe siècle, est une volonté d’un retour aux sources du christianisme.

Les réformateurs profitent de l’essor de l’imprimerie pour faire circuler la Bible en langues vernaculaires, et montrent qu’elle ne fait mention ni des saints, ni du culte de la Vierge, ni du Purgatoire.

Sola scriptura : la Bible comme norme est néanmoins une des principales motivations des réformateurs. Ce principe, .

Commencée le 31 octobre 1517, par Martin Luther, alors moine catholique, dans le Saint-Empire et Ulrich Zwingli à Zurich, puis Martin Bucer à Strasbourg et plus tard Jean Calvin à Paris et Genève, la Réforme touche la majeure partie de l’Europe du Nord-Ouest. Les tentatives de conciliation ayant échoué, elle aboutit à une scission entre l’Église catholique romaine et les Églises protestantes. La Contre-Réforme catholique engagée à l’issue du concile de Trente ne permet à l’Église catholique qu’une reconquête partielle des populations passées au protestantisme.

L’adoption de la Réforme a aussi un caractère politique. C’est un moyen pour les princes d’affirmer leur indépendance face à une papauté. La Réforme se traduit donc au XVIe siècle par de nombreux conflits, entre l’empereur Habsbourg et les princes allemands mais aussi des guerres civiles en France, en Angleterre et en Écosse.

 

  • 1517

    Les 95 thèses de Luther

    Le 31 octobre 1517, Martin Luther publie ses 95 thèses contre les Indulgences, c’est l’origine du schisme dans l’Église, qui donne naissance à la Réforme. Les idées de Luther se répandent très vite en Europe et en France.

    Notice : La Réforme luthérienne

 

L’évangélisme humaniste

Marguerite d'Angoulême (1492-1549)
Marguerite d’Angoulême (1492-1549) © S.H.P.F.

Retour à l’Évangile de Jésus-Christ et retour aux textes originaux de la Bible : tel est le mot d’ordre des humanistes chrétiens. En étudiant la Bible, Erasme en vient à critiquer de nombreux rites et pratiques de l’Église romaine.

Ses idées novatrices circulent dans les milieux érudits et dans une partie du haut clergé. Elles atteignent aussi l’entourage du roi François Ier. Marguerite d’Angoulême, la sœur du roi, encourage l’évêque de Meaux, Guillaume Briçonnet dans le projet de réformer son diocèse.

L’évêque fait venir Lefèvre d’Étaples. Celui-ci fonde le cénacle de Meaux et traduit le Nouveau Testament en français.

Guillaume Farel (1489-1565)
Guillaume Farel (1489-1565) © S.H.P.F.

Dès 1520, les écrits de Luther parviennent en France où ils trouvent un terrain favorable. Guillaume Farel, membre du cénacle de Meaux, les lit et en répand l’esprit. La Sorbonne condamne ces écrits comme hérétiques et les interdit en France. Mais, traduits en français dès 1524 et imprimés à Paris, Alençon, Lyon, et surtout hors de France, ils circulent clandestinement.

Grâce à Farel, réfugié à Strasbourg puis en Suisse, les idées d’autres réformateurs : Bucer et Zwingli sont introduites en France. Les protestants, appelés à l’époque luthériens, appartiennent surtout à l’élite sociale sachant lire : clercs, maîtres d’école, étudiants, hommes de robe, imprimeurs et ouvriers du livre, artisans du textile et du cuir. Des couches plus larges sont gagnées grâce aux prédicateurs et aux maîtres d’école.

1527 les récriminations de la faculté de théologie de Paris, la Sorbonne. Devant la montée de l’évangélisme «luthérien», le parlement de Paris intente un procès à l’évêque de Meaux soupçonné d’hérésie luthérienne. Il fait ensuite interdire toutes les traductions de l’Écriture en français.

  • 1521

Première persécution des protestants

La condamnation comme hérétiques des protestants commence dès 1521 à l’initiative de la Sorbonne, des autorités ecclésiastiques et du Parlement : amende, prison et, surtout pour les moines et les prêtres, prison perpétuelle et condamnation à mort sur le bûcher.

  • 1534

Image result for affaire des placardsL’affaire des placards constitue un tournant. Il s’agit d’affiches apposées partout à Paris, Orléans, Blois et même sur la porte de la chambre du roi. Les placards dénoncent avec violence la conception catholique de l’eucharistie et de la messe catholique. Ce geste provocateur coupe les ponts entre l’évangélisme humaniste et luthérien. Désormais la répression s’accentue avec l’assentiment du roi.

  • 1536

    1ère édition de l’institution de la religion chrétienne de Calvin

    Calvin publie en latin L’Institution chrétienne, précédée d’une Adresse au Roi François Ier. L’ouvrage, édité à Bâle, expose les fondements théologiques et bibliques de la Réforme et leurs conséquences. Il s’appuie sur la théologie de Luther – la justification par la foi ; le salut par la grâce – non sans lui associer des conséquences souvent assez différentes, notamment pour ce qui concerne l’organisation des Églises, la liturgie, le rapport au monde. D’autres éditions en français ont suivi.

    Notice : La doctrine de Jean Calvin

La tâche de Calvin n’est pas d’offrir des idées originales, mais d’agencer la vision nouvelle de ses prédécesseurs en un ensemble cohérent. La clarté de l’exposition doctrinale de Calvin aide au rayonnement de sa pensée. Il reprend le message essentiel de Luther sur le salut gratuit en Jésus-Christ pour celui qui croit. Comme lui, il proclame donc la justification par la foi seule, sola fide, et non par les œuvres. Mais tandis que Luther centre son message sur Jésus-Christ, Calvin, dans la mouvance de Zwingli, le centre davantage sur Dieu, à qui revient toute gloire (Soli Deo gloria, à Dieu seul la gloire). Calvin garde deux sacrements : le baptême et la Cène.

La fondation de l’Église protestante en France

Implantation des minorités protestantes en France.
Implantation des minorités protestantes en France. © S.H.P.F.

À partir de 1540 la diffusion des idées de Calvin influence profondément le mouvement de réforme en France.

La première Église protestante est celle de Meaux. Ce n’est qu’à partir de 1555 que d’autres Églises sont constituées dans différentes localités, notamment à Paris, Angers, Valence. Dans certaines régions, elles sont très nombreuses notamment en Provence, en Languedoc et dans la vallée de la Garonne.

  • 1546

En 1546, à Meaux, on brûle le même jour 14 « luthériens » dont le pasteur. En deux ans, le parlement de Paris, compétent pour le centre de la France et Lyon, prononce 500 condamnations dont au moins 68 à mort. Les martyres suscitent des retours au catholicisme, mais incitent le plus grand nombre à la clandestinité tandis que certains sont renforcés dans leurs convictions.

  • 1559

    1er synode national des Églises réformées

    Cette assemblée clandestine des protestants se réunit à Paris et adopte la première Confession de Foi protestante en France. Largement inspirée par Calvin, cette confession de foi est légèrement modifiée pour devenir la Confession de Foi de La Rochelle (1571), qui reste de nos jours l’un des textes majeurs des réformés de France.

Un parti protestant

Bourbon, Antoine de, roi de Navarre (1518-1562)
Bourbon, Antoine de, roi de Navarre (1518-1562) © Wikimedia

À partir de 1555, la noblesse adhère massivement à la Réforme, surtout dans les provinces du Sud, en Normandie, en Brie et en Champagne. À la mort d’Henri II en 1559, une partie de la haute noblesse qui entre de droit au conseil du roi est devenue protestante, dont :

  • Antoine de Bourbon et sa femme Jeanne d’Albret, les parents d’Henri IV,
  • Louis de Bourbon, prince de Condé, le frère d’Antoine,
  • Gaspard de Coligny.

La croissance du groupe réformé et l’adhésion d’une partie de la haute noblesse le font sortir de la clandestinité et le politisent. Les réformés aspirent à une reconnaissance légale et éventuellement à la conquête de l’État.

En 1559 a lieu le premier rassemblement clandestin des représentants, pasteurs et laïcs des Églises protestantes : le synode national de Paris. Le synode est l’organe de liaison entre les communautés locales. À Paris, les délégués au synode se donnent un certain nombre de règles : une confession de foi et une discipline ecclésiastique, toutes deux inspirées de Calvin. L’organisation des Églises favorise les progrès de la Réforme dans toute la France.

Ayant déjà touché l’élite sociale, la Réforme s’étend aux couches populaires notamment dans les villes, lieux de circulation des livres et des nouvelles, d’où une majorité d’artisans dans ses rangs.

Les événements précurseurs des guerres de religion

Mort d'Anne du Bourg (1559)
Mort d’Anne du Bourg (1559) © Musée Calvin de Noyon

Le roi Henri II est entouré de grands seigneurs catholiques ambitieux, notamment le duc François de Guise et son frère le cardinal de Lorraine.

Image result for duc françaois de guiseÀ sa mort en 1559, les Guise monopolisent le pouvoir au détriment du jeune roi François II. En 1559, ils font pendre et brûler en place de Grève Anne du Bourg, prêtre et juge au parlement de Paris. Celui-ci avait déjà été arrêté par ordre du roi Henri II parce qu’il était intervenu en séance plénière du parlement, dite mercuriale, pour demander que cessent les persécutions des protestants.

En 1560 quelques nobles protestants veulent enlever le jeune roi François II pour le soustraire à l’influence des Guise ; c’est la conjuration d’Amboise : elle échoue. Les Guise se vengent par de multiples exécutions, tandis que les protestants se soulèvent en divers lieux et s’emparent d’églises catholiques pour y célébrer leur culte.

Image result for catherine de médicisRedoutant le pouvoir des Guise, Catherine de Médicis, veuve d’Henri II et régente de France en 1560 après la mort de François II, veut ménager les protestants car elle espère obtenir la concorde religieuse.

En 1561, elle réunit des théologiens catholiques et protestants au colloque de Poissy pour tenter une réconciliation, mais l’entente ne peut être trouvée.

Pour s’opposer à l’essor du protestantisme, le duc François de Guise, le connétable de Montmorency et le maréchal de Saint-André (triumvirat) prêtent serment à Pâques 1561 d’extirper le protestantisme et de ne jamais tolérer un autre culte que le culte catholique.

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Le chancelier Michel de l’Hospital incite la régente à accorder aux protestants l’Édit de janvier 1562, leur permettant de s’assembler pour la célébration du culte dans les faubourgs des villes et à la campagne. Le culte public des réformés deviendrait légal. Mais, en fait, l’édit ne satisfait réellement ni l’une ni l’autre des parties car il intervient trop tard pour apaiser les passions et surtout le roi Charles IX n’a pas les moyens de le faire respecter.

 

  • 1562

    Début des guerres de religion : massacre de Wassy

    Le massacre, le 1er mars,  par les troupes du duc de Guise d’une centaine de protestants assistants à un culte dans une grange située à l’intérieur des remparts de la ville de Wassy (Champagne) et non à l’extérieur comme le prévoyait l’édit de janvier, est considéré comme l’évènement ayant déclenché la première guerre de religion.

    Notice : Le massacre de Wassy (1562)

Au printemps 1562, certaines villes du nord de la France (Le Mans, Rouen, Troyes) et de la vallée de la Loire (Orléans, Tours, Blois), tombent aux mains des huguenots dans le contexte du massacre de Wassy. La « furie iconoclaste » des protestants se déchaîne aussi en dans le royaume : abbayes, couvents et églises sont ravagés. Toutes ces villes sont reprises les unes après les autres par les catholiques.

Image result for la mort du duc de guiseEn février 1563, le duc de Guise est tué d’un coup d’arquebuse à Orléans. Des massacres ont lieu à l’encontre des protestants : les villes de Blois, Poitiers, Tours et Rouen sont livrées au pillage durant plusieurs jours. Catherine de Médicien mars 1563, accorde aux huguenots la Paix d’Amboise, qui prévoit une certaine liberté de culte dans les villes.

Des guerres entretenues par des rivalités politiques

Deux grandes oppositions politico-religieuses vont entretenir les guerres civiles et faire obstacle à la politique de tolérance entreprise par Catherine de Médicis : celle qui se révèle entre haute noblesse et pouvoir royal, et celle qui existe entre catholiques intransigeants et catholiques modérés prêts à accepter une tolérance religieuse favorisant le retour de la paix.

  • 1572 La St Barthélémy

    Massacre de la Saint-Barthélemy

    C’est l’événement emblématique des guerres de religions. Le 24 août, après le mariage d’Henry de Navarre (futur Henri IV) et de Marguerite de Valois (fille de Catherine de Médicis et sœur du roi), la plupart des chefs protestants, alors présents à Paris, sont assassinés par le parti du Duc de Guise. La situation dégénère en un massacre général, y compris hors de la capitale.

    Notice : La Saint-Barthélemy (24 août 1572)

Jusqu’en 1579 environ, les guerres ne concernent pas l’ensemble du royaume mais surtout les grands foyers méridionaux du protestantisme, qui forment un croissant géographique allant de La Rochelle à la vallée du Rhône, en suivant la vallée de la Garonne. Des puissances étrangères vont intervenir dans le conflit et menacent directement l’autorité du roi : l’Angleterre soutient financièrement et militairement les protestants, et l’Espagne, les catholiques intransigeants.

 

Henri de Navarre, prince protestant et futur roi catholique

Dans les années 1584-1588, Henri de Navarre s’affirme comme chef du parti protestant mais également comme héritier légitime au trône de France. Les années 1588 et 1589 ouvrent une période dangereuse pour l’histoire de la monarchie : Henri III croit rétablir l’autorité royale en faisant exécuter le duc et le cardinal de Guise en décembre 1588. Mais le monarque est assassiné le 1er août 1589, le décalage qui sépare sa politique des aspirations ultra-catholiques étant insurmontable. Henri III ayant fait reconnaître Henri de Navarre comme son successeur et le nouveau roi promet de maintenir le catholicisme dans le royaume de France.

1598

Promulgation de l’Édit de Nantes

Devenu roi de France en 1589, après s’être converti au catholicisme, Henri IV impose la fin des guerres de religion, en promulguant le 13 avril 1598 l’édit de Nantes. Celui-ci institue l’égalité civile entre protestants et catholiques. L’édit de Nantes permet à la communauté protestante d’exister, mais dans le carcan juridique d’une réglementation qui, en fait, limite la pratique du culte réformé. C’est l’acte majeur d’Henri IV qui apporte la paix en France, après une période de trente-six ans de guerres de religion. Après plusieurs décennies de guerres civiles, l’édit de Nantes est promulgué le 30 avril 1598 : il reprend sur de nombreux points l’édit de Saint-Germain de 1562, c’est un édit de tolérance. Il donne au protestantisme français un statut durable, assorti de garanties politiques et militaires qui seront supprimées par Louis XIII en 1629.

  • L’édit de Fontainebleau, imposé par Louis XIV en octobre 1685, révoque l’édit de Nantes et amène près de 200.000 protestants français à prendre le chemin de l’exil entre 1685 et 1715.
  1. Humanisme et politique

Les humanistes, puisqu’ils placent l’homme au centre de leurs préoccupations, se sont penchés sur la façon de vivre en société, et sur la meilleure organisation politique à établir. Educateurs, conseillers des grands, les humanistes se trouvent nécessairement en contact avec le monde politique. Mais les réponses qu’ils donnent dans ce domaine ne font pas apparaître de réelle unité.

Les deux ouvrages politiques les plus connus de la Renaissance sont Le Prince de Machiavel et l’Utopie de Thomas More. Dans son ouvrage, écrit en 1513, Machiavel considère l’histoire et la politique comme des objets de science : “j’aborde autant que je puis toutes les profondeurs de mon sujet, recherchant quelle est l’essence des principautés, de combien de sortes il en existe, comment on les acquiert, comment on les maintient, pourquoi on les perd”. Seules comptent pour lui la puissance du prince et la solidité de l’Etat. C’est déjà une vision très moderne de la politique.

Les humanistes de l’Europe du Nord, à la différence de Machiavel, n’envisagent pas la politique du seul point de vue de l’efficacité, mais aussi d’un point de vue moral. C’est pourquoi ils décrivent des royaumes imaginaires dans lesquels règnent le bonheur et la paix, comme Thomas More dans Utopie. Utopie est, dans cet ouvrage, le nom d’une île merveilleuse, où le peuple se gouverne lui- même en élisant un roi qu’il peut contrôler et déposer, et où les biens sont communs à tous.

Ces humanistes sont des militants de la paix, et se méfient de l’Etat et du pouvoir, toujours soupçonnés de se montrer tyranniques envers les hommes. Erasme, grand esprit humaniste né à Rotterdam en 1469, développe notamment ces aspects dans ses œuvres.

 

  1. Le fractionnement de l’Europe

Les humanistes ont joué un rôle politique direct, dans la mesure où ils ont contribué à développer les langues nationales. Le rêve de certains humanistes, comme Erasme, d’une Europe des lettrés unie par une langue commune (le latin) s’estompe bientôt. La “République des lettres” formée par ces humanistes européens se disloque dans les particularismes locaux et les querelles religieuses.

Les langues dites “vulgaires” se développent au détriment du latin. En traduisant la Bible (1521), Luther contribue à fixer la langue allemande. Le poète du Bellay publie en 1549 Défense et illustration de la langue française . L’humanisme contribue ainsi à l’éveil du sentiment national. On peut en voir l’illustration dans la volonté de François I d’imposer le français comme langue obligatoire dans tous les actes officiels (ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539).

Les querelles religieuses suscitées par les thèses de Luther renforcent ce mouvement de fractionnement national. En 1517, le moine allemand Luther affiche 95 propositions s’opposant notamment aux indulgences , c’est-à-dire au fait que l’Eglise fasse payer les fidèles en leur garantissant en échange le salut de leur âme. Excommunié par le pape en 1520, Luther brave également l’empereur germanique. Les thèses de Luther provoquent un éclat dans toute l’Allemagne : des princes, par conviction personnelle ou par volonté d’indépendance à l’égard de l’empereur Charles Quint, suivent Luther. La Réforme doit en partie son expansion à des considérations politiques. A cette époque, un Etat ne peut être neutre sur le plan religieux. Certains Etats vont donc construire leur identité et leur

 

unité autour de la Réforme religieuse, et par opposition à l’autorité du pape à Rome. C’est le cas par exemple de l’Angleterre, dont le roi Henri VIII détache l’Eglise d’Angleterre de la papauté en 1534.

L’humanisme ne proposait donc pas un modèle politique précis, et ne se voulait pas non plus antireligieux. Mais le nouvel état d’esprit qui naît des travaux des humanistes conduit à des bouleversements religieux et politiques très importants au XVI siècle et à l’affirmation des Etats modernes.

 

  1. La diffusion de la Renaissance en France

Les guerres d’Italie menées par les rois de France à partir de la fin du XV siècle font découvrir aux Français les merveilles de l’art italien. Les rois de France cherchent à créer à la cour de France la brillante atmosphère des cours italiennes.

C’est d’abord à la décoration italienne que les Français sont sensibles : Charles VIII ramène

d’Italie des artisans et des ébénistes, à qui il demande de décorer ses châteaux d’Amboise et de Blois. Puis s’ouvre une nouvelle époque, celle de la construction de châteaux édifiés le long de la Loire. Ces châteaux, comme ceux d’Azay-le-Rideau ou de Chambord, mêlent le style français au style italien. A Chambord par exemple, la structure reste celle d’un château fort, mais les motifs de décoration et les terrasses sont typiquement italiens.

Le roi François I tente d’acclimater l’art italien en France, il fait venir Léonard de Vinci, mais le peintre meurt peu après son arrivée en France. C’est à Fontainebleau que le roi réussit à réunir une équipe d’artistes italiens qui font triompher la Renaissance italienne en France.

 

  1. La péninsule ibérique

Le renouveau artistique se manifeste dans la péninsule ibérique par l’essor d’un art décoratif chargé, exubérant, appelé style manuélin au Portugal. Mais bientôt, cet art original s’efface devant l’influence italienne. Attirés par de grands mécènes, des artistes italiens viennent travailler à Séville ou à Valence et créent un nouveau style : l’art plateresque (de plateros , “orfèvres”).

Pendant ce temps, des artistes espagnols vont se former en Italie, comme le sculpteur Berruguete, qui étudie auprès de Michel-Ange. Enfin, l’influence italienne s’établit nettement en architecture avec le palais de Charles Quint à Grenade.

 

  1. L’Europe du Nord

En Allemagne, la tradition gothique reste très forte, comme le montrent les œuvres de Grünewald. Pourtant, dans les villes du Sud, les fortes relations commerciales avec l’Italie permettent la découverte de l’art italien. Des peintres allemands font le voyage vers l’Italie, comme Dürer. Cet artiste né en 1471 fut fortement influencé par ce qu’il apprit en Italie. Ses gravures témoignent de son intérêt pour l’humanisme ; mais son œuvre fait preuve d’une grande originalité et de nouveauté par rapport à l’art italien.

  • ux Pays-Bas, l’école flamande de peinture était si renommée que l’influence italienne se fit moins Un peintre comme Van Orley voyage en Italie et voit son art fortement marqué par la Renaissance. Mais les plus grands artistes poursuivent la tradition flamande et résistent à l’influence italienne. C’est le cas de Jérôme Bosch ou de Bruegel l’Ancien.
  1. La renaissance Italienne

 

  1. Les débuts de la Renaissance Italienne

 

  1. Une esthétique nouvelle

Au moment où se diffuse la nouvelle culture humaniste, de nombreux artistes italiens multiplient les œuvres inspirées d’une nouvelle esthétique : celle de la Renaissance.

L’art de la Renaissance se définit d’abord par son caractère profondément humain : jusque

là, les artistes du Moyen Age cherchaient surtout à honorer Dieu à travers leurs œuvres. Désormais, les peintres et sculpteurs du Quattrocento (quinzième siècle italien) placent l’homme au centre de leur art. Les sujets religieux ne sont pas abandonnés, mais les personnages bibliques apparaissent profondément humains, par exemple l’enfant Jésus est représenté sous les traits d’un vrai bébé, et non plus d’un homme miniature.

 

  1. L’Italie, le berceau de la Renaissance artistique

La richesse des villes italiennes et des cours princières favorise le développement artistique. Les artistes sont engagés au service des princes qui leur apportent protection et reconnaissance. A Florence par exemple, Cosme de Médicis s’entoure de Donatello et de Brunelleschi. Les artistes sont honorés et mêlés à la vie brillante des cours.

  • ‘autre part, les universités italiennes rassemblent les esprits les plus cultivés d’Europe et fournissent la base intellectuelle du renouveau artistique.
  • nfin l’Italie est le pays le mieux placé d’Europe pour recueillir l’héritage de l’Antiquité. Or

l’art antique est une source d’inspiration capitale pour les artistes de la Renaissance.

 

  1. Les progrès de l’art au Quattrocento

Le Quattrocento fut, dans toute l’Italie, un moment de grands progrès dans le domaine de la peinture. Les artistes redécouvrent les lois de la perspective. Les peintres Paolo Uccello et Piero della Francesca se passionnent pour les problèmes de perspective, et pour la représentation du corps humain.

  • ‘autre part, les fonds d’or, qui prévalaient jusque là, sont abandonnés au profit de paysages, comme on peut le voir sur le tableau de Piero della Francesca, Le Baptême du
  • n architecture, Brunelleschi abandonne le style gothique et revient, comme dans la chapelle des Pazzi, à des lignes empruntées à l’Antiquité : colonnes romaines, coupoles semi-sphériques, formes

La sculpture évolue également : les œuvres de Lorenzo Ghiberti ou de Donatello témoignent d’un grand réalisme, aux formes vigoureuses.

 

  1. L’âge d’or de la Renaissance Italienne

 

  1. Une nouvelle génération d’artistes

Les années 1490-1500 marquent une étape importante. Après la floraison artistique du Quattrocento, une nouvelle génération porte l’art de la Renaissance à son apogée. Une des nouveautés du XVI siècle est que désormais l’artiste prend place parmi les grands esprits de son temps : reconnus universellement, les grands maîtres de la Renaissance italienne sont sollicités par les princes et les papes qui ont fortement conscience de leur génie.

 

  1. Les grands maîtres de la Renaissance Italienne
  • e symbole de cette nouvelle génération d’artistes est Léonard de Vinci. Peintre, philosophe, savant et mathématicien, Léonard de Vinci s’intéresse à tous les domaines avec une égale créativité.
  • erveilleux dessinateur, il est également un peintre novateur : il est à l’origine de nouvelles techniques de représentation, comme le clair-obscur et le sfumato (le sfumato , “enfumé, vaporeux”, est un procédé qui vise à atténuer les contours). Ses œuvres les plus célèbres sont le portrait de la Joconde, la représentation de la Cène au couvent de Milan, ou encore le tableau de la Vierge, l’enfant Jésus et Sainte

Autre génie du XVI siècle, le peintre Raphaël s’illustre dans tous les domaines de la peinture, depuis le portrait jusqu’aux fresques (fresques des chambres du Vatican). Protégé des papes Jules II et Léon X, il reprend dans sa peinture les grands thèmes de l’humanisme.

La même ambition philosophique et universelle marque l’œuvre de Michel-Ange. Formé à Florence, il unit dans ses œuvres le monde de la Bible et l’idéal de la beauté antique. Il sculpte la fameuse Pieta de la basilique Saint-Pierre de Rome, et le colossal David. Appelé à Rome par Jules II, il fait le plan de son tombeau, et peint entre 1508 et 1512 le plafond de la chapelle Sixtine.

 

  1. Les grands foyers artistiques

La Renaissance italienne se propage dans de multiples villes italiennes. A la fin du XV siècle, la ville de Florence perd sa prééminence. La mort de Laurent de Médicis entraîne une dispersion des artistes, même si au début du XVI siècle, des artistes comme Léonard de Vinci et Michel Ange viennent y travailler.

Au Cinquecento (XVI siècle), la Renaissance trouve son épanouissement à Rome. Les papes, comme Jules II , font appel aux grands génies de leur temps pour embellir la ville de Rome. Sous le pontificat de ce dernier est entreprise la reconstruction de la basilique St-Pierre, grâce aux artistes Bramante et Michel-Ange.

Venise , seul Etat indépendant d’Italie, est une ville riche où l’art s’épanouit, conformément aux volontés des riches marchands soucieux de l’éclat de leur cité. Titien, Véronèse et surtout Le Tintoret marquent le XVI siècle vénitien.

Enfin l’Italie du Nord développe également une intense activité artistique. Les artistes sont

sollicités par les cours princières, comme à Milan ou à Ferrare.

 

VII. La diffusion de la Renaissance artistique en Europe

 

  1. Les progrès de l’influence Italienne

Durant l’âge d’or de la Renaissance italienne, les influences artistiques italiennes pénètrent lentement en Europe.

Le processus est à chaque fois à peu près semblable : la Renaissance artistique se diffuse par la volonté de quelques grands mécènes : des princes comme François I font appel à des artistes italiens et les attirent dans les cours européennes pour y reproduire l’art qui fleurit en Italie. Dans le même temps, les artistes nationaux partent se former en Italie : le peintre allemand Dürer partit ainsi à la fin du XV siècle parfaire son art, et fut fortement influencé par l’artiste italien Mantegna.

Cette influence rencontre cependant en Europe la résistance de l’art gothique, encore très apprécié. L’art gothique montre encore beaucoup de vitalité au cours du XVI siècle. Par exemple, la flèche nord de la cathédrale de Chartres est élevée de 1507 à 1512

Le Retable d’Issenheim du peintre Mathis Grünewald, encore très influencé par l’art du Moyen Age, est ainsi contemporain du plafond de la chapelle Sixtine.

Enfin le prestige dont jouit l’école flamande de peinture concurrence sérieusement l’influence italienne nouvelle.

 

 

  • Boudier – Aurélien